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Il y a tout juste 48 ans, le 25 octobre 1967, sortait une référence cinématographique comme on en voit rarement : « Le Samouraï ».

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Considéré comme un chef d’œuvre absolu et épure du film noir, Melville livre ici une longue méditation sur la solitude à travers la figure d’un tueur à gages trahi par ses commanditaires. Jean-Pierre Melville définissait Le Samouraï (1967) comme « une longue méditation sur la solitude. » et aussi comme « le portrait d’un schizophrène paranoïaque. »

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Depuis « Le Deuxième souffle » de Melville, Alain Delon souhaite tourner avec le réalisateur aux indéfectibles lunettes aux verres fumés et au Stetson accroché sur la tête. Comment Delon a-t-il accepté le rôle ? Melville se rend chez Delon avec un vieux scénario original écrit en 1963 pour le lui lire. Delon l’interrompt au bout de quelques instants : « Cela fait sept minutes et demi que vous lisez votre scénario et il n’y a pas encore l’ombre d’un dialogue. Cela me suffit. Je fais ce film ».

L’histoire : Jef Costello est un tueur à gages dont le dernier contrat consiste à tuer le patron d’une boîte de jazz, Martey. Il s’arrange pour que sa maîtresse, Jane (Nathalie Delon), dise qu’il était avec elle au moment du meurtre. Seule la pianiste de la boîte, Valérie (Cathy Rosier) voit clairement son visage. Seulement, lorsqu’elle est convoquée avec tous les autres clients et employés de la boîte pour une confrontation, elle feint de ne pas le reconnaître…

A partir du « Samouraï », Melville va complètement s’affranchir de l’influence de ses maîtres. Il va créer son propre style, quitte à outrepasser parfois la vraisemblance. On remarquera dans le « Samouraï » que les intérieurs sont conçus comme des décors de théâtre et que les personnages deviennent des archétypes, à l’instar de Delon interprétant un Jeff Costello, le tueur  au chapeau et à «l’ imper », très économe de ses paroles comme de ses gestes. La relation qu’entretiennent Costello le solitaire et son bouvreuil est glaçante, sans parole,  presque mortelle…

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Ce film est une étape décisive qui caractérise la dernière partie de la filmographie de Jean-Pierre Melville. « le Samourai » semble être l’apogée du polar noir à la française qui inspirera des réalisateurs comme  John Woo, Quentin Tarantino, Joel Coen, Michael Mann et Jim Jarmusch. Avec ce film, polar exemplaire, Meville a inventé un genre, le film melvillien avec ses personnages solitaires portés à leur paroxysme, un style épuré d’une beauté rigoureuse et froide. Cette première rencontre entre Jean-Pierre Melville et Alain Delon en appellera deux autres « Le Cercle rouge » et « Un flic ». 

Tags : Alain DelonLe SamouraïMelville
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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