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Essai Moto Guzzi 1400 ELDORADO : La Grande Bellezza

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L’essai de la moto Guzzi 1400 Eldorado ne rime en rien avec l’imaginaire. Le concret est bien présent, même s’il nous ramène quelques années en arrière tant ce modèle rend un hommage appuyé à un modèle éponyme (sur le marché américain) des années 70.

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C’est avec le plein de nostalgie que cette grande Bellezza va nous transporter durant tout cet essai. L’Eldorado se présente généreuse, « quali-tradi-vintage », dépouillée, imposante et rassurante. Un vrai sentiment de débordement court des deux côtés de la machine : moteur, réservoir, ligne d’échappement, repose-pieds, gros pneus, garde-boue enveloppant, cache amortisseur… Tout cet excès reste calibré et sous contrôle. Si l’engin caresse le passé, il n’en oublie pas pour autant d’intégrer généreusement les nouvelles technologies. C’est ce que nous allons découvrir durant notre essai.

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L’Eldorado qui se positionne comme un gros Custom Touring se distingue tout d’abord par le phénoménal bicylindre en V à 90° de 1380 cm3 avec son bloc central dont s’extraient les deux cylindres très corpulents. C’est la marque de fabrique de Guzzi : il faut que ça déborde… Une merveille pour les yeux.

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Je remarque également la présence massive d’un phare poly-elliptique – pas très rétro pour le coup – avec ses feux diurnes à LED, couronné de chrome et enveloppé dans une capsule noire, le tout logé entre le Té de fourche et le gros compteur. Quant à la fourche, elle retient une jante à rayons de 16 pouces montée d’un pneu à flanc blanc du plus bel effet, abrité par un large garde-boue. Le compteur positionné au-dessus du phare regorge une multitude d’informations, un véritable ordinateur de bord très complet et particulièrement lisible.

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La selle large et creusée à 740 mm m’accueille confortablement alors que mes mains tombent naturellement, sans tendre les bras, sur un large guidon corne de vache qui devrait faciliter les manœuvres à vitesse réduite. Mes jambes restent légèrement écartées pour recevoir le proéminent réservoir excavé aux extrémités tandis que mes pieds se reposent sur le bitume sans grande difficulté malgré mes 170 cm. Le poids de l’engin, 314 kilos à sec, ne pénalise en rien la prise en main et l’équilibre de l’Eldorado. C’en est bluffant ! Vraiment impressionnant ! Un bémol tout de même si vous souhaitez garer l’engin sur un stationnement dédié aux 2 roues… Entre deux motos, il faudra être vigilant à cause du poids de l’eldorado et ne soyez pas surpris qu’elle dépasse presque d’une demi-roue de son emplacement.

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Good Vibration…

C’est sous un ciel bleu et un soleil plein de rayons que la belle italienne se propose de nous sortir. Clé de contact introduite au bout du réservoir, la ragazza laisse échoir ardemment des vibrations qui définissent un caractère bien trempé comme un cheval qui découvre pour la première fois la pelouse verte d’un hippodrome. Petite surprise : la sonorité que livre l’Edorado est sans âme, trop timide au regard de la noblesse de cette mécanique. Voyager en musique ne fait de mal à personne ! Dommage.

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Bien positionnés comme le laissait présager ma première impression, mes deux pieds reposent sur de larges plate-formes. Le système de repose-pieds avec son double sélecteur (ce qui évite de maltraiter ses chaussures en daim) est précis et cool à utiliser. Première enclenchée, l’énorme cardan absorbe le tout et pas le moindre bruit ne sort de la boîte. C’est un délice, filet de gaz et c’est parti.

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Je me faufile en ville entre les voitures. L’équilibre est parfait, le grand guidon est précieux pour les manoeuvres, le poids de la machine dans la circulation a fondu. L’Eldorado navigue aisément entre le deuxième et le troisième rapport dans ce genre d’environnement. Le moteur n’en réclame pas plus, tant celui-ci est déconcertant de facilité. Le 1380 cm3 qui abrite un équipage de 96 chevaux est capable allègrement, grâce à un couple démoniaque, 120 Nm à 2750 min/tr, d’accepter de rouler à très faible allure sur un rapport de 6ème, sans difficulté. Ce 6ème rapport sera très rarement employé en ville, à moins de « tirer » sur la moto entre deux feux rouges.

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Assez rapidement, nous voilà projetés sur une autoroute à quelques encablures d’une des portes de Paris. L’Eldorado ne se fait pas prier. La moindre accélération est une prise de jet jouissif. Le passage des vitesses est d’une douceur à faire pâlir un pull lavé avec Mir laine. Le compteur m’indique que j’ai déjà dépassé la vitesse limite autorisée alors qu’il reste encore 2 vitesses à enclencher. Je conforte ma position en bloquant le haut des mes genoux au gros réservoir et je m’apprête, pour quelques secondes, à descendre la poignée d’accélérateur. La moto prend ses tours, les canassons font le job sans nécessairement les fouetter. L’Eldorado reste stable, garde son alignement sans trembler, enroule les longues courbes sans décrocher. Je m’accroche tout de même au guidon car la prise au vent est inéluctable. La chaleur dégagée par le moteur m’oblige à modifier ma position. Je reviens à une vitesse accordée par le code de la route et actionne le régulateur de vitesse afin de scruter un panorama qu’on oublie parfois.

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C’est du lourd dans tous les sens du terme. Massive mais avec un cœur gros, l’Eldorado propose trois modes de conduite en fonction de votre humeur, du climat ou de la route empruntée. Je me résume : la Guzzi est livrée avec un système de « Ride by Wire » qui permet un réglage « Pioggia » pour pluie, Turismo pour le cruising et véloce pour vitesse ou sport. Durant mon essai, les deux dernières fonctions ont été utilisées. La fonction tourisme est, à mon goût, le meilleur profil pour ce genre de moto au quotidien. J’ai posé la question à Moto Guzzi à propos de la fonction « Pioggia », elle gommerait un peu plus de 20% de puissance afin que la moto garde sa trajectoire. Tout cela se commande assez simplement au guidon.
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Côté freinage, je n’ai jamais été mis à mal. C’est très puissant, même si j‘ai mis un peu de temps à dompter le frein arrière. A l’avant, les doubles disques flottant de 320 mm et étriers Brembo assurent largement et l’ABS veille au grain. Mais une aptitude au dosage est la bienvenue à cause du poids de la machine. Les irrégularités du bitume sont bien gommées par un amortissement et une selle de très bonne facture, tandis que le strapontin qui officie en tant qu’assise pour le passager n’engage pas du tout au grand voyage. A priori, il existe un catalogue Guzzi offrant une multitude de combinaisons pour offrir à l’engin des accessoires prompts aux longues balades.

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Bilan Conso

Côté « benzina », si on se réfère à l’ordinateur de bord et également à ma conduite, en mode Turismo essentiellement, l’Eldorado vous réclamera entre 8 et 9 litres pour avaler une centaine de kilomètres. L’ordinateur de bord est capable d’indiquer en instantané votre conso… Attention les yeux car les chiffres peuvent donner le tournis. Avec un réservoir de 20,5 litres, comptez sur une autonomie de 250 km, en fonction du rythme de conduite.

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En conclusion

Rouler en « Guzzi » c’est un peu entrer en religion. La marque italienne a toujours su rassembler autour d’elle de vrais passionnés comme Harley Davidson même si c’est à moindre échelle. On n’achète pas une Guzzi par hasard… On entre dans les ordres.

L’Eldorado aborde un vrai parti pris avec une esthétique chromée et singulière qui ne ressemble à aucune autre moto de ce genre. Le soin apporté à la qualité de fabrication et de finition de cette italienne saute immédiatement aux yeux. Sensations et générosité sont constamment présentes.

Coté tarif, après avoir croisé quelques échanges passionnants avec d’autres motards, nous sommes arrivés au postulat que le prix de cette moto était juste au regard de la concurrence. Élevé certes, mais juste !

Vintage et résolument moderne, on saisit très vite que Moto Guzzi avec l’Eldorado souhaite titiller Harley et Victory sur les terres de l’Oncle Sam.

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Prix : 18 499 € (au 25/09/2015)
Coloris : noir, rouge

Garantie : Deux ans, pièces et main d’oeuvre, kilométrage illimité
Disponibilité : Immédiate

Fiche technique

Moteur : bicylindre en V à 90°, 4 temps, 4 soupapes, double allumage
Refroidissement : à air et huile avec pompe de refroidissement indépendante. Radiateur d’huile avec ventilateur à thermostat.
Cylindrée : 1380 cc
Alésage et course : 104 x 81,2 mm
Taux de compression : 10,5 : 1
Puissance maximale : 71 kW (96 CV) at 6500 min-1
Couple maximum: 120 Nm at 2750 min-1
Alimentation / Allumage: injection électronique Multipoint, séquentielle, calée Magneti Marelli IAW7SM ; boîtier papillon « ride by wire » Ø 52 mm, injecteurs IWP 243 Magneti Marelli, double sonde Lambda, gestion intégrée de 3 cartographies moteur, contrôle de traction, régulateur de vitesse
Système d’échappement : en acier inox, du type 2 en 2 catalysé à 3 voies avec double sonde Lambda
Homologation : Euro 3
Transmission : 6 vitesses, dont la dernière est surmultipliée (overdrive)
Cadre : tubulaire en acier, à double berceau fermé, avec système d’ancrage du moteur élastocinématique pour l’isoler des vibrations.
Entraxe : 1685mm
Degré d’inclinaison du tube de direction : 32°
Angle de braquage : 38°
Suspension avant : fourche traditionnelle, Ø 46 mm, avec pied de fourche pour fixation étrier radial et tubes sur les fourreaux
Suspension arrière : Fourche avec double amortisseur réglable en précontrainte
Frein avant : double disque flottant en acier inox, Ø 320 mm, étriers radiaux Brembo à 4 pistons opposés
Frein arrière : disque fixe en acier inox, Ø 282 mm, étrier flottant Brembo à 2 pistons parallèles
Roues : en alliage d’aluminium
Jante avant :3,50” x 16”
Jante arrière :6,00” x 16”
Pneu avant :130/90 R 16
Pneu arrière :180/65 R 16
Longueur :2445 mm
Largeur :940mm
Hauteur :1180 mm
Hauteur à la selle : 740 mm – 720 mm en option
Hauteur minimale du sol : 165 mm
Poids à sec : 314 Kg
Capacité du réservoir de carburant :20,5 litres dont réserve (5 litres)

Photos : CP pour Monsieur Vintage

Tags : 1400 ELDORADOMoto Guzzi
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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