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A l’instar d’autres jeunes artistes vrai coup de cœur c’est opéré pour le jeune et talentueux Junior Rodriguez. Alors, pourquoi ne pas partager cette belle rencontre et découvrir un artiste qui puise sa musique, de ce qu’il y a de plus aiguisée, au fin fond des années 70. Il est la preuve que l’addition de talent, de croyance en soi, de travail et de persévérance peut déclencher les plus belles opportunités et offrir ce qu’il y a de meilleur en nous. C’est une chance de l’avoir attrapé au vol ! Puisque nous le tenons, Junior Rodriguez est passé au crible de toutes nos questions « vintage ». Il nous parle de ses passions multiples, de ses rencontres et de son existence incroyable »… Interview fleuve, pleine de rebondissements qui nous fait découvrir que le rêve américain se traduit aussi en français.
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Bonjour Junior Rodriguez, peux-tu te présenter… Qui es tu, d’où viens-tu ? De quelle planète ?

Qui suis-je ? C’est la question que je me pose tous les jours, tiens ! D’autant plus qu’avec tout ce qu’il se passe en ce moment, toutes ces découvertes, la vitesse à laquelle notre monde évolue, si exponentiellement…

Mais pour essayer de répondre cette question, on dit de moi que je suis un artiste « touche-à-tout » et plus principalement musicien, né en banlieue parisienne dans le 93. J’ai grandi entre Paris, le Portugal et le reste de la planète. J’ai passé la grande majorité de ma vie à voyager à travers le monde, que ce soit tout petit lorsque j’accompagnais mon père, modeste chauffeur d’autocars, dans ses excursions à travers l’Europe, puis dès mon adolescence à travers des tournées que j’ai eu la chance de vivre très tôt et dans beaucoup d’endroits.

Un jour, une femme d’un certain âge m’interpelle dans la rue et me demande qui je suis… Drôle de question ! Je lui répond alors : « vous devriez très certainement en savoir plus que moi à ce sujet ». C’est alors qu’elle me répond : «Vous êtes une belle âme du passé errant dans les sombres allées de ce monde moderne». Troublant… Mais depuis ce jour là, cette phrase résonne constamment dans ma tête et je m’assume beaucoup mieux…

Comment es-tu arrivé à la musique? 

J’ai touché ma première batterie à l’âge de 4 ans grâce à Thierry Guerrero, un ami de mes parents, chez qui nous allions régulièrement passer du temps. Au lieu de manger à table, j’allais dans leur cave taper sur une batterie. J’étais littéralement scotché à cet instrument qui, à cet âge là, me paraissait être un char d’assaut ! Peu de temps après, il est parti vivre au Portugal rejoindre l’énorme groupe de rock local « Iris ». Je n’ai donc plus eu de batterie sur laquelle taper.

Peu de temps après, mon frère, Duff, s’est mis à la guitare. Alors comme je n’avais pas de batterie et que cet instrument me fascinait tout autant, je me suis mis à gratouiller ce que je pouvais. Puis, il s’est mis à la basse, alors j’ai suivi. Il a ensuite monté son premier groupe. Je devais avoir alors 13 ans il me semble. Il m’embarquait à toutes ses « répètes ». De les voir jouer et évoluer, j’avais alors l’impression d’être dans l’intimité de Metallica tellement c’était déjà fou pour un kid comme moi, et à chaque pause qu’il prenait, je sautais sur la batterie jouer le maximum que je pouvais pendant ce court laps de temps.

C’est ainsi que quelques années plus tard, j’ai renoué enfin avec mon instrument de prédilection. Puis j’ai tout de suite monté mon premier groupe « Inhatred » avec mon ami Cédric aujourd’hui chanteur dans Hangman’s Chair. Une sacrée belle époque.

C’est durant ces années là que j’ai énormément appris. Pour faire court, je dois tout à mon frère qui m’a énormément aidé depuis le début et encouragé à suivre mes passions et à aller le plus loin possible sans regarder derrière. On en a bavé et rien ne nous prédestinait à cela…

Nous nous sommes battus avec acharnement, contre vents et marées et contre un entourage qui nous répétait que nous étions des pauvres et que l’art et la musique c’était pas fait pour nous, que notre vie était dure, que c’était de la merde et que c’était comme ça et un point c’est tout et ça serait toujours comme ça. De là est partie notre rébellion envers le reste de notre famille et notre ferme volonté d’arriver à montrer que tout est possible.

Au fil des années, j’ai eu en parallèle un label, une mini agence DIY de booking et j’ai plus ou moins toujours managé mes différents groupes et projets, faute d’avoir eu tous ces collaborateurs à nos côtés au début. Maintenant c’est bien différent, mais je garde le contrôle sur tout, quoi qu’il arrive.

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Tu es multi instrumentiste, peux-tu être plus précis ?

J’ai la chance de pouvoir jouer de la batterie, chanter, jouer de la guitare et de la basse pour les raisons que j’évoquais au dessus. En fait, à chaque fois, j’ai commencé un autre instrument pour combler l’absence de celui dont je rêvais. Je peux aussi tapoter sur un piano ; cet instrument me fascine et j’ai décidé de m’y mettre pour de vrai dès que possible.

Après, en gros, je peux rapidement jouer une mélodie convenable avec n’importe quoi si tu me laisses 5 minutes. J’adore jouer du violoncelle aussi ! Faut vraiment que j’en chope un, quand j’en aurais les moyens… Enfin bon, je ne suis pas chef d’orchestre non plus ! C’est pour ça que j’ai un peu de mal avec ce terme « multi instrumentiste ». Ça sonne un peu trop grandiloquent à mes yeux et j’ai peur que cela soit considéré comme de la prétention, alors qu’il ne s’agit là que de travail. Je n’ai jamais fréquenté de conservatoire et je n’ai eu aucune éducation spéciale de quoi que ce soit. Je suis entièrement autodidacte, malheureusement dirait-on dans certains cas, bien heureusement dans la majorité des cas…

Peux-tu nous parler de ta rencontre avec Alain Johannes (Queens of the Stone Age/Them Crooked Vultures) ?

Il y a 4 ans, nous étions à Los Angeles avec Louise Decouflé, ma copine de l’époque. Son père y était depuis quelque temps en pleine conception d’un show pour le Cirque du Soleil. On s’y est retrouvé avec quelques amis, dont Nosfell, qui connait très bien Alain et sa copine de l’époque Tilli, après avoir travaillé avec lui sur différents projets. Alain et Tilli cherchaient un bassiste et un batteur pour défendre l’album qu’ils avaient fait ensemble à ce moment. Nosfell nous a proposé et ça a « matché ».

Nous sommes rentrés à Paris ; on a plié nos affaires et décollé pour Los Angeles. Pour le coup, Alain lui, est un vrai multi instrumentiste. Il sait jouer un vrai paquet d’instruments différents… C’est d’ailleurs essentiellement en le rencontrant que je me suis décomplexé et que j’ai commencé à assumer mon côté multi instrumentiste. En France, malheureusement, les gens ont du mal avec la pluridisciplinarité. On te prend vite pour un manouche qui ne sait pas quoi faire de sa vie.

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Qui sont « THE EVIL THINGS » ?

Les Evil Things sont Yani Lotta à la basse et aux coeurs que j’ai eu l’immense plaisir de rencontrer au sein des « Airnadettes », comédie dans laquelle nous jouions ensemble en tant que remplaçants l’année dernière pour une série de dates à Glastonbury et à Montréal. J’étais en pleine création de ce nouveau projet solo et je lui ai fait écouter les premières maquettes dans notre chambre d’hôtel à Montréal. Il a adoré. Nous sommes devenus très proches et à notre retour à Paris, au moment de devoir former un groupe pour mon premier concert, je ne lui ai pas laissé le choix en lui mettant la basse dans les mains.

Ensuite il y a Fred Quota à la batterie, ami de longue date puisque nous nous croisions déjà lorsque j’allais aux premières « répètes » de mon frère. Comme je le racontais en début d’interview, nous nous sommes retrouvés juste avant mon départ à Los Angeles et l’idée qu’il serait le batteur idéal pour mon projet solo est restée dans ma tête… Je l’ai donc rappelé en temps voulu.

Mais les Evil Things c’est aussi Stéphane Pottier aux lumières et à la vidéo, une personne extrêmement importante dans ce projet. On vit ensemble et il m’aide à mettre en place les idées de lumières et de visuels que nous imaginons. Puis il y a Rodrigue Mercier au son qui fait un travail formidable et sait être de très bons conseils en termes de management notamment.

Puis il y a ma très chère Anne-Claire Levron alias Simone Booking qui s’occupe de la partie booking & management du projet et m’aide à mettre en place le live et les tournées à venir, un soutien clef dans ce projet et surtout une personne en qui j’ai la chance de pouvoir faire confiance les yeux fermés et qui sait m’apporter une vision un peu plus globale sur le projet. Et depuis peu, nous sommes rejoints par la talentueuse Manon Lamy au management et à la production qui s’apprête à prendre les rennes du projet de façon plus globale et à structurer un peu tout ça…

On est une belle petite équipe, des amis avant tout et c’est ça notre force.

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Que fais-tu à L.A ?

Je travaille et vis ici lorsque mon planning se calme en Europe. Je suis essentiellement à L.A. pour notre groupe TILLI démarré il y a 4 ans bientôt avec Tilli et Alain Johannes comme je te disais plus haut. Nous avançons en ce moment sur le prochain disque presque bouclé d’ailleurs. Nous avons l’immense honneur de compter parmi nos collaborateurs Dave Grohl, à la base de ce nouveau disque avec TIlli qui a eu la gentillesse de nous avoir écrit et produit quelques titres chez lui au 606 Studio avant de s’envoler à nouveau avec les Foo Fighters pour sa folle tournée mondiale…

En dehors de ça, j’en profite pour aller m’isoler dès que je peux dans le désert de Joshua Tree, afin de réaliser des vidéos de différents projets comme pour les Fuzzy Vox que je suis en train de finaliser actuellement. J’y puise également mes dernières inspirations avant le bouclage de mon prochain disque solo qui sortira cet hiver… « Welcome Home : Tryptyk Album » Vol.2.

Quelles sont tes influences musicales ?

La vie, mes amis, mes voyages. Tout ce qui touche au psychédélisme, au surréalisme et au mystique. Le beau, le vrai, l’authentique, Salvador Dali, Magritte, Led Zeppelin, The Doors, Pink Floyd, Massive Attack, Sigur Ros, Aphrodite’s Child.

Quelle est ton actualité et quels sont tes futurs projets ?

Je suis en plein bouclage de mon nouveau disque solo « Welcome Home : Tryptyk Album » Vol.2 dont je viens de sortir un premier clip pour le titre « Heavenlips » tourné sur les hauteurs de Mullholand Drive à L.A. Ce disque sortira cet hiver accompagné de plein de vidéos et d’une tournée qui devrait battre son plein en 2016 si tout se passe comme prévu…

En parallèle, je boucle ce disque avec TIlli en ce moment même à Paris et nous préparons notre première apparition live nouvelle formule au MaMA Festival de Paris le Vendredi 16 Octobre au Bus Palladium où j’enchaînerai mon live avec les Evil Things puis le set avec Tilli. Ca s’annonce… cool !

Au delà de ça, j’avance sur mes réalisations vidéos, des clips pour d’autres gens, un court métrage avec Tilli sur un des titres de Dave et quelques surprises…

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Tes plus belles rencontres musicales ?

Il y en a tellement… mais les plus belles et celles qui ont eu un réel impact sur ma vie restent Oli le Baron, Dick Rivers et Tilli.

Quel est ton regard sur le spectre musical actuel ?

Je trouve que nous vivons une drôle de période, à la fois effrayante et excitante. Internet regorge autant de réels talents que de buzz éphémères. Comment se situer au milieu de tout ça et surtout comment ne pas être perçu de travers…?

De nos jours le talent n’est plus la finalité pour la réussite d’un projet artistique, mais heureusement pas pour sa longévité. J’essaye de garder un regard positif là dessus malgré tout…

Qui y a-t-il dans l’Ipod de Junior Rodriguez ?

En ce moment, peu de choses récentes à vrai dire. Hormis The Black Angels, Tame Impala ou encore Jack White. Je dois dire que c’est plutôt Led Zeppelin, Black Sabbath, The Doors et Pink Floyd qui prédominent. J’aime beaucoup le dernier disque de The Lucid Dream !

Quelle chanson aurais-tu aimé composer ?

Il y en a tellement ! Pour faire simple, « Whole lotta Love » de Led Zeppelin.

Sur une photo, on te découvre sur le coffre d’une vieille Mercedes (250 ce). Quel est ton rapport avec les voitures et les anciennes en particulier?

J’aime beaucoup les voitures anciennes, c’est vrai. Je ne suis pas un expert mais j’ai un certain faible pour les Mercedes.

Sinon, une bonne vieille Pontiac ou Cadillac : rien de plus beau en matière d’automobile, je trouve. Une chose est sûre, je trouve tous ces nouveaux véhicules modernes « gerbant », trop confortables et ennuyeux au possible… Le jour où Mercedes parviendra à sortir des rééditions de leurs plus beaux véhicules d’époque mais totalement écologiques et verts alors là, je passerai mon permis et je pense que nos rues auront un peu plus de gueule.

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Es-tu déjà nostalgique d’une certaine époque ?

Je suis nostalgique de mon enfance/adolescence où chaque sortie de disque ou concert était un vrai événement, où quelqu’un achetait un disque et le faisait tourner à toute la bande de potes et on allait aux concert en bande pour l’amour de la musique et pour soutenir ce qu’il nous semblait être un artiste grand. Maintenant c’est chacun face à son ordinateur et on ne partage plus que le dernier clip qui buzz sur son fil d’actualité Facebook entre 15 vidéos de chats. Je suis nostalgique des vrais rapports humains, du réel, du concret, du beau et de la profondeur des relations. Mais je reste confiant ; nous sommes en constante transition et je reste optimiste. Le futile n’a de place que sur de courtes durées…

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Si tu revenais du présent que faudrait-il laisser ?

Si la question est de savoir ce que je ne prendrais pas avec moi, alors je dirais internet.

Quel défaut aimerais-tu avoir ?

Savoir être radin parfois…

Quelle qualité n’aimerais-tu pas avoir ?

Etre conformiste…

Comment fait-on pour écouter Junior Rodriguez ?

www.juniorrodriguez.com et tu y trouveras peut-être ton bonheur !

Pourquoi faut-il écouter Junior Rodriguez ?

Ecoutez et vous saurez pourquoi !

Junior Rodriguez vous donne rendez-vous le 16 Octobre au Bus Palladium pour un set spécial de TILLI & Junior Rodriguez au MaMA Festival

Tags : Alain JohannesArthur Le ForestierJunior RodriguezQueens of the Stone AgeSira NiameTHE EVIL THINGS
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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