close

Interview de Gerard Staedelin, président directeur général Harley-Davidson France

GŽrard-Staedelin-Directeur-GŽnŽ-ral-Harley-Davidson-France-304×456
C’est dans le cadre des Morzine Harley-Days, que Monsieur Vintage a rencontré Gerard Staedelin, président général Harley-Davidson France depuis 2008. Si L’humilité est une valeur oubliée de nos sociétés modernes, Gerard Staedelin nous rappelle à chaque instant qu’elle existe encore. C’est aussi l’homme qui  a dit  « on ne vend pas que des motos, mais aussi des rencontres… ». Le charismatique président de Harley-Davidson France a bien voulu répondre à nos questions parfois décalées.

GŽrard Staedelin Directeur GŽnŽ ral Harley- Davidson France

Que représente le rassemblement Harley-Davidson à Morzine ?

Une grande fête de la moto dans un environnement alpin, certainement un environnement des plus plaisants pour qui aime la moto. Il y a de très belles balades organisées par les Chapters locaux permettant aux gens qui sont sur place de se balader durant ces 4 jours sans avoir à se soucier du choix des meilleures routes parce que les locaux connaissent très bien les meilleurs itinéraires. C’est donc une grande fête de la moto, une grande fête de la musique. Beaucoup de concerts prévus sur les quatre jours, avec en point d’orgue le groupe Toto et des concerts ambulants.

C’est aussi se retrouver entre pratiquants de la marque Harley, mais pas seulement car de nombreux visiteurs viennent avec des motos qui ne sont pas des Harley. Nous sommes dans une situation assez exceptionnelle à Morzine ; on est dans un village qui nous accueille à bras ouverts. Je tiens à le dire : je remercie tant l’office du tourisme que la mairie ; ils sont géniaux avec nous. Il ne faut pas oublier qu’ils nous accueillent en période estivale, c’est à dire que c’est également les vacances pour eux. Énormément de gens présents sur place qui n’ont rien avoir avec nous, la marque Harley, se mêlent à nous et à ceux qui viennent à moto…

Ça donne une ambiance réellement extraordinaire et fort sympathique, très familiale, beaucoup d’enfants sur place. Ça représente quelque chose de très émotionnelle, de très qualitatif. Cet évènement a lieu pour la cinquième fois. De mémoire, le premier a eu lieu en 2006. C’est aussi pour nous, nos clients et nos concessionnaires une période estivale qu’on partage ensemble. C’est un évènement super riche et totalement ouvert, totalement ludique par ces balades en motos, des rencontres super sympa et un accueil splendide des gens de Morzine.

Morzine 2015, en quoi diffère-t-il de celui de 2013 ?

Il faut toujours être à l’affut des opportunités d’amélioration. Il diffère par son calendrier car la manifestation commence un samedi pour se terminer un mardi, alors que d’habitude l’évènement commence en milieu de semaine pour se conclure le dimanche. On sait que Morzine est totalement « booké ». La raison : ça a dû plaire à beaucoup de monde et le pont  y est pour quelque chose. On est allé encore plus loin dans la musique en terme de programmation, plus loin dans la présentation des différents exposants, la tribune VIP est beaucoup plus grande que d’habitude. C’est en permanence la recherche dans l’amélioration du service.

Quelles sont les différences avec l’Euro Festival de Grimaud ?

Grimaud est au bord de la mer avec son charme. Saint-Tropez, juste à côté, comme on le sait, est un des 7 spots mondiaux du grand tourisme ou du tourisme de luxe, lieu privilégié alors qu’à Morzine on est dans un environnement plus modeste  et totalement immergé dans les montagnes. Les ambiances sont totalement différentes. Morzine est gratuit, il n’y a pas de droit d’entrer pour participer à l’événement. Il est ouvert à tous alors que Grimaud l’est également mais contre un droit d’entrée soit journalier, soit pour la durée du Festival. Son ambiance est également différente car les participants vivent sur le site. Il s’agit d’un endroit qui accueille tout de même 12 000 personnes. On est dans une atmosphère camping et pas hôtelière, même si les bungalows sont très jolis. Grimaud c’est aussi l’ouverture des vacances et pour beaucoup c’est la première grande balade de la saison alors que pour Morzine, c’est pendant les vacances d’été et cette manifestation est organisée par Harley-Davidson France sachant que l’Euro Festival est une organisation européenne.

Quel sera le prochain grand évènement Harley-Davidson en France ?

Le prochain grand événement cette année est notre présence au salon de la moto. Sinon, à proprement parler, il n’ y aura plus d’évènement Harley France jusqu’à la fin de l’année. Par contre, il y aura un certain nombre de manifestations qui seront organisées soit par les chapters, soit par des gens faisant un travail phénoménal au niveau de l’évènementiel et qui souhaitent donner une ambiance Harley-Davidson à leur événement mais pas seulement. Il y aura Motor and soul le samedi 5 et le dimanche 6 septembre 2015 à la Ferme d’Armenon (91), groupe de gens passionnés qui parlent de la moto et qui ont décidé de faire de l’évènementiel. Je me permettrai d’ajouter un événement majeur, même s’il n’est pas sur notre territoire : le 18eme European Bike Week, à Faaker See en Autriche.  Cette fête  qui attire environ 100 000 visiteurs conclura la saison 2015 en beauté. Elle est programmée du 8 au 13 septembre. C’est le plus gros événement Harley-Davidson qui a lieu en dehors des Etats-Unis.

PHotoHD
Morzine 2015 : Gérard Staedelin à droite – photo YG

Est-il prévu d’autres événements du même acabit que Morzine ou Grimaud ?

Des velléités, il y en a  mais dès qu’on se dirige vers des grandes villes, tout de suite on s’aperçoit qu’il existe des problèmes de densité de la population, de coût que cela engendre et des impératifs en termes de sécurité. Cela dit, il y a des chapters qui organisent des manifestations de grande taille comme Hardelot . La semaine dernière, a eu lieu l’American Tour Festival. L’année dernière, il y a eu pour la première fois un événement dans les Vosges organisé par des chapters locaux. On voit naître des manifestations très intéressantes et très qualitatives .

Si Gerard Staedelin devait construire son Harley Davidson idéale, comment serait t-elle ?

Fondamentalement, je ne suis un passionné de motos anciennes ; tout simplement parce que j’aime ce qui roule bien et chaque année nos motos évoluent vers le mieux. Pour moi, la moto idéale, par définition, n’existe pas. Il en faut plusieurs dans son garage ; Donc avoir un Softail  si possible avec une longue fourche  comme le modèle Breakout et une moto Touring et il faut se l’avouer l’un ne peut pas faire l’autre.  Même s’il m’est arrivé de faire 2500 kilomètres en 4 jours avec un « Rocker » équipé d’un pare-brise, cette moto est parfaite, mais j’ai eu tout de même un rythme différent et j’ai dû utiliser des routes différentes que celles que j’aurais prises avec un Touring. Tandis qu’avec ce dernier j’aurai pu facilement alterner entre route nationale, départementale et autoroute. Donc, je serais  plutôt motos récentes Softail et Touring.

Pour moi, le Touring qui me convient le mieux, c’est la Street Glide CVO celle que je conduis actuellement. Elle a un gros moteur et une gueule incroyable. Elle a une allure de Custom mais elle est carénée et offre la qualité de transport d’un Touring. Il n’y a pas de secret : c’est la raison pour laquelle la Street Glide est notre première vente mondiale, notre première vente aux Etats-Unis. Les gens ne s’y trompent pas, c’est une moto qui a une super allure, qui sait tout faire : petites routes, routes de montagne et également du transport de personnes dans le plus grand des conforts. C’est une moto très aboutie et très polyvalente. En ce qui concerne le Softail, il faut le garder dénudé afin qu’il conserve son caractère. Je m’oriente toujours vers le plus gros moteur qui offre un couple absolument phénoménal.

Harley-Davidson est-ce une marque vintage ?

C’est par définition la marque vintage moto, mais qui encore une fois sait se renouveler. Elle se renouvelle sans vraiment le montrer. Par exemple, lorsqu’on regarde une Ultra de 10 ans et celle d’aujourd’hui, à 10 mètres, elles se ressemblent terriblement mais de près, elles n’ont plus aucune pièce en commun ; les freins, les amortisseurs, la boîte, le moteur, la fourche et le cadre ont évolué. Au niveau de l’équipement, l’électronique est apparue avec le GPS, avec un système audio extraordinaire ; donc fondamentalement, elles n’ont absolument rien en commun mais au niveau du vintage, il s’agit des mêmes motos. Nos motos transpirent ce coté vintage. Cela va peut-être en faire bondir certains mais elles peuvent être associées au classique. Le classique ne vieillit pas et un beau vintage ne vieillit pas non plus. C’est exactement ce que nous voulons et pour beaucoup de raisons. Les propriétaires de Harley Davidson de 5 ou10 ans n’ont pas le sentiment d’avoir quelque chose qui paraît obsolète. Donc il est important de garder le classicisme. Nos motos ont une ligne esthétique qui leur est propre et que nous chérissons. Malgré toutes les évolutions qu’acceptent nos motos, la genèse esthétique va demeurer. Chez nous, le design est un mot d’ordre absolu.

Gerard Staedelin a t-il un fantasme vintage ?

Je ne suis pas un nostalgique du passé, je pense que l’avenir est plein de choses intéressantes. Je pourrais faire un lien direct avec Livewire, notre moto électrique. C’est l’antithèse du passé, c’est le futur total et c’est extraordinaire. Vivre avec le passé, c’est pas mon truc. Cela étant dit, j’aime nos motos parce qu’elles transpirent le passé mais actualisé. J’adore par exemple une Ford Mustang 65 parce c’est mon année de naissance, également une Corvette de 58. Ce sont des voitures stables dans le temps. Voyez, je n’ai pas réellement de fantasme, hormis c’est deux autos. J’aime bien des objets comme  des vieilles chaussures ou de vieux sacs, des objets qui ont bien vieilli et qui portent une histoire.

Gerard Staedelin quel défaut aimeriez-vous avoir ?

Ne pas être ponctuel. Je suis ponctuel. J’estime que c’est une question de respect vis-à-vis des gens qui m’entourent, que ce soit avec mon médecin, mon équipe, un journaliste … L’influence ou le mouvement d’une personne vient s’intégrer dans un tout et ne pas avoir cette ponctualité ne fait pas partie de ma vie. Pouvoir ne pas l’avoir et en rire ou ne pas en souffrir, pensez que cela n’a aucune importance et que les autres s’adapteront, c’est peut-être un défaut que j’aimerais avoir. Parce que pour être ponctuel, il faut se donner  beaucoup d’organisations. Et ne pas être ponctuel, cela voudrait dire que je n’aurai plus toute cette organisation autour de moi. Cela voudrait dire que j’arrive quand j’arrive, le cœur léger, totalement insouciant  et à mon avis irrespectueux  de ces gens qui m’entourent. Ce serait donc pour moi un défaut assez intéressant à avoir et surtout à assumer.

Gerard Staedelin quelle qualité n’aimeriez-vous pas avoir ?

L’extrême soin de tout, être tiré à 4 épingles, que tout soit propre autour de moi en apparence. Je n’aimerais pas avoir cette enveloppe, comme la voiture, la maison les vêtements. Je ne voudrais pas ressembler aux golden boys des années 90 comme le personnage de « Wall Street » si tant est que cela soit perçu comme une qualité … Voilà une qualité que je n’aimerais pas avoir.

Tags : Gérard StaedelinHARLEY DAVIDSONMorzine Harley Daysmoto
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

Ajouter une réponse