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L’ Interview de Xavier CREPET Directeur Marketing Harley-Davidson France

Xavier-Crepet
C’est dans le cadre du ride Paris/Grimaud (Euro Festival) que j’ai eu la chance de rencontrer Xavier CRÉPET, Directeur marketing et communication chez Harley Davidson France. Je pèse bien mes mots, car c’est une chance de rencontrer un homme aussi affable et charismatique. Il a des qualités humaines dont une marque comme Harley-Davidson peut s’enorgueillir. Mais au fait, est-ce un hasard si un homme comme Xavier CRÉPET œuvre chez un constructeur aussi prestigieux ? A travers cette interview, Monsieur Vintage a voulu en savoir plus sur cet homme qui a pour mission d’installer sous la lumière une marque aussi iconique qu’Harley-Davidson.

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Comment fait-on pour quitter Mercedes et atterrir chez Harley-Davidson ? J’ai passé 12 ans chez Mercedes. J’ai eu un beau parcours ; j’ai changé 8 fois de poste, je me suis vraiment éclaté. J’ai été en France, en Allemagne et au siège. Je suis un homme de challenge, j’aime démarrer de nouvelles choses, les développer. Je me suis mis à chercher une nouvelle piste. C’était soit dans l’automobile haute gamme, soit dans l’aéronautique, soit un projet personnel ou une 4ème case : l’inconnu. C’est cette 4ème piste qui est venue à moi. En effet, un jour, je lis sur une annonce qu’Harley-Davidson cherchait un responsable des services financiers pour la France. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit passer une annonce pour cette marque. Ce n’est pas tous les jours non plus qu’on offre un poste avec une totale autonomie. J’ai vraiment trouvé dans ce job un nouveau départ et rapidement, je me suis occupé des services financiers, un secteur nouveau pour moi. 4 ans plus tard, on m’a proposé de remplacer une personne qui partait du service marketing. Aimant les challenges, encore une fois, j’ai accepté. Ce poste me permet de m’exprimer.

Est-ce Harley-Davidson qui vous a amené à la moto ? Non, j’étais déjà motard. J’ai passé mon permis moto dans les années 90. Cela m’a permis d’être un peu plus autonome vis-à-vis de mes parents. J’ai démarré par un DT 50 Yamaha. Ensuite, j’ai eu la chance de passer sur un 125 KMX. Un jour, je suis tombé ébahi devant une moto : le 750 VFR CARAT Honda. J’avais sa brochure sur ma table de chevet. Je me suis dit qu’un jour ce serait ma moto. J’ai pu me l’offrir lorsque je suis entré chez Mercedes. Je l’ai acheté d’occasion et je l’ai gardé un petit moment. Je n’ai pas beaucoup roulé avec car dans Paris, cela devenait l’enfer.

Peut-on déjà dresser un bilan du 1er trimestre 2015 ? On sent que le marché a un peu de mal au niveau du deux roues. L’année 2014 ne s’est pas trop mal passée. A propos du marché, on retombe sur les tendances baissières. Au niveau du paysage, des marques, c’est assez contrasté. Certaines s’en sortent bien et même très bien, d’autres ont plus de difficultés. Dans cet environnement, notre marque est depuis le 1er janvier 2015 à moins 3, moins 4. Ce n’est pas catastrophique mais cela reflète bien l’état du marché.

Quels modèles ont particulièrement bien réussi en 2014 ? Toute la famille Touring a très bien fonctionné sur 2014. On a commencé la présentation de la nouvelle version de la famille Touring en 2013 sous le projet Rushmore et à chaque lancement de produit, il y a eu de nouveaux modèles sous le millésime 2015 présentés en septembre 2014. On a présenté le Road Glide Special, le Street Glide Special, modèles iconiques qui ont de suite trouvé leur public. Cette gamme qui n’était pas la plus accessible au niveau tarif convient à beaucoup de personnes qui apprécient particulièrement le touring et le voyage. Quasiment 60 % de nos membres du HOG roulent en Touring. Quand on présente ces nouveautés-là, ce sont les premières personnes captives et intéressées par ces nouveautés. Le renouvellement a été assez important. Aujourd’hui, on cherche à rayonner au-delà. On a énormément de clients qui viennent d’autres marques acheter nos motos, ce qui nous satisfait bien sûr.

Quelles nouveautés vous ont apporté le plus de satisfaction ? Le nombre de lancements produits a été assez limité en 2014. On a eu la Street 750 qui a été lancée sur le marché français à la rentrée. Pour nous, c’est une moto qui est un peu révolutionnaire chez Harley car on descend pour la première fois depuis longtemps en cylindrée puisqu’on est passé sous la barre des 883 cm3 et également des 8000 euros. C’est donc une moto qui répond à 100 % à la stratégie de la marque. On souhaite l’ouvrir à des plus jeunes notamment. La marque est en train de changer.

Comment votre réseau de concessionnaires a-t-il évolué cette année ? En 2014, on a ouvert plusieurs sites : Le Havre, Valenciennes et Coignières. Ça démontre notre croissance. C’est positif pour une marque. Le réseau s’étend dans des régions où il y a un potentiel. Les investisseurs ont confiance en la marque. Ceux sont soit des nouveaux soit déjà en place. Cette année, on a une ouverture prévue dans le sud du 77 du côté de Melun et une reprise à Clermont Ferrand, un site qui sera archi novateur et original. Au total en 2015, on aura 53 concessionnaires en France.

Les réseaux souffrent avec la crise, comment se porte le vôtre ? Quand Harley interroge son réseau, on n’a pas le sentiment qu’il souffre. C’est démontré par des réaménagements et, des agrandissements, ce qui prouve que le business continue de grandir. Cela prouve aussi que les concessionnaires ont confiance en la marque et en notre stratégie. A 90 %, ils sont monomarques.

Quel serait le volume optimal de concessionnaires HD en France ? On a évalué notre potentiel à encore une douzaine de concessions. Une campagne de recrutement a été lancée début d’année 2015. A terme 65 concessionnaires devraient bien émailler et toucher au plus près tous les clients cible.

Vos nouveautés 2014 ont-elles atteint leurs objectifs commerciaux ? Oui, absolument. On a eu quelques années de challenge dues à la crise économique en France en 2012 et 2013. La filiale française avait ouvert en 1996. A cette période, on vendait 1500 motos. En 2011, on est passé à plus de 8150 unités. En 2014, on est repassé au dessus de la barre des 8000 pour un panier moyen de 13 000 euros.

Que peut–on attendre de HD en 2015 ? La poursuite de notre développement avec un réseau en croissance, des nouveautés produits dont je ne peux pas parler pour l’instant, des beaux événements, dont  l’ American Tours Festival à Tours, le Festival Morzine Harley Days en Juillet, l’Experience Tour du projet Livewire Harley-Davidson les samedi 27 juin – Dimanche 28 juin 2015 sur le circuit Michelin. Il y aura également la présentation du nouveau millésime et il va y avoir le plus gros événement européen en septembre, l’ European Bike Week à Faaker See en  Autriche (100 000 bikers présents) et surtout, on revient au salon de la moto et bien sûr l’objectif est de rester au contact de notre clientèle.

Si demain vous deviez construire la moto idéale sans contrainte ? Je verrais bien un Cafe Race, une moto iconique de la gamme Harley. J’aime beaucoup le style de la XR 750 qui a été une moto de compétition avec laquelle Harley a raflé de nombreux titres. Elle a marqué l’histoire de la marque de manière positive et très dynamique par son côté racing. Aujourd’hui, je pense que ce serait très tendance de prendre ce modèle, de l’adapter un peu à la sauce moderne ou à l’évolution moderne de la technologie Harley, de garder cette référence à ce modèle iconique du passé qui a fait ses preuves et qui a marqué son histoire en compétition. Le modèle serait un 750 avec un design qui serait quasi identique, revisité avec un côté Scrambler.

Êtes vous un nostalgique des motos des années 80/90 ? J’appréciais beaucoup le Honda Dominator, et aussi la Yamaha 500 XT, une belle moto avec du caractère et un son particulier.

Quelle est la plus belle des motos ? Je trouve que la Iron et la Nightster sont des motos iconiques qui traversent le temps sans difficulté. Je roule actuellement sur un Softail Slim. C’est le Big Twin qui pour moi est un peu similaire au Nightster. Il a vraiment son caractère d’époque d’un point de vue design. J’aime son côté minimaliste, pas trop show off.

Avez-vous une demande particulière? Aujourd’hui, ce qui nous manque ce sont de vrais leaders, des gens que tu regardes, qui sont exemplaires, courageux et auxquels tu crois. Dans le passé, les gens étaient plus courageux je pense, moins calculateurs, plus entiers.

Quand Xavier CRÉPET va au cinéma, que regarde-t’il ? Je manque de temps pour aller au cinéma par rapport à ma vie familiale et professionnelle. Par contre, c’est toujours une sortie que je tiens à faire en couple. Mon choix est assez éclectique, cela peut aller du dernier Woody Allen au dernier Avenger.

Quand Xavier CRÉPET écoute de la musique, il écoute quoi ? A une certaine époque j’achetais énormément de CD. Toujours éclectique : classique, rock. J’étais un fan de Guns N’ Roses. J’appréciais aussi Alan Parson Project ainsi que tous les classiques des Rolling Stones et des Pink Floyd.

A quel courant musical peut-on associer HD ? Le rock… bien sûr !

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Tags : HARLEY DAVIDSONINTERVIEW VINTAGEmotoXavier Crépet
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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