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Cette nouvelle édition du Mondial du tatouage s’est ouverte vendredi à Paris, l’occasion de découvrir cet art autrefois réservé aux autres… personnes !

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Le temps d’un long week-end de 3 jours ensoleillés, Paris s’est faite capitale mondiale du tattoo en accueillant le Mondial du tatouage. Après 1999, 2000, 2013 et 2014, ce nouveau rassemblement sent bon le succès, en témoigne la longue file d’attente qui se profile depuis très tôt ce matin. La popularité toujours grandissante du tatouage et le rayonnement de ce 10ème art semblent atteindre leur apogée à Paris.

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Pour la deuxième année consécutive, c’est la Grande Halle de la Villette qui prête son parterre de 20.000 m², contre 10.000 en 2014 et ses entrailles aux 320 tatoueurs venus d’une trentaine de pays. Pendant que je fais la queue en attendant mon précieux sésame, j’entame un dialogue avec une femme, déjà bien estampillée, qui m’avoue attendre un tatoueur italien, qui expose, avec qui elle a pris rendez-vous depuis plus d’un mois. Je découvre en me retournant qu’un grand nombre de gens ont fait de même.

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C’est fait, on m’enfile un bracelet qui me servira de pass et qui me donne accès direct au salon. Allez, c’est maintenant, suivez le guide. Enfin, je vais rencontrer des tatoués, des vrais, des hommes et des femmes qui ont sûrement sur leur corps des histoires à raconter. Les allées sont bien ordonnées, les stands sont ouverts, les tatoueurs sont prêts, au garde-à-vous ; ils n’attendent plus que nous ou vous. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez vous faire tatouer sur place et pour ceux ou celles qui n’ont pas pris rendez-vous, il faudra s’armer de patience. Ça serait le diable si vous ne pouviez pas vous faire épingler l’armoirie de vos rêves durant ces trois jours tout de même ! Les stands sont ouverts jusqu’à 2 h du matin.

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Sur un stand bien équipé, on trouve l’enseigne du professionnel précisant les coordonnées du tatoueur, sur une table des classeurs de dessins, des tonnes de dessins en fonction du style de chacun qui sont des tonnes de propositions, un banc spécial sur lequel le futur tatoué devra ou pourra s’allonger, de l’encre, des essuie-tout, des gants pour le tatoueur, des produits désinfectants, du film transparent pour protéger le tatouage et le dermographe, principal outil du tatoueur.

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D’après ce que j’ai pu comprendre, Il existe 2 variétés de dermographe : les machines à bobines fonctionnant grâce à un système d’électro aimant permettant de générer un mouvement continu de bas en haut à une masselotte sur laquelle est fixé un faisceau constitué d’un nombre plus ou moins important d’aiguilles. Les machines rotatives qui ont pour spécificité d’être actionnées par un moteur.

Le tatoueur utilise différents types de faisceaux, d’affûtage et de diamètre d’aiguilles, texturées ou non. L‘ensemble est fixé sur la masselotte et introduit dans une buse chargée de guider le faisceau que l’artiste tient comme un pinceau. La machine actionne ainsi les aiguilles lors de la mise sous tension via une alimentation électrique graduable. Puis, le tatoueur trempe son faisceau d’aiguilles dans un réceptacle à usage unique contenant l’encre préalablement choisie suivant le type de tatouage à réaliser. Bien entendu, le travail est effectué dans les règles de l’art et d’hygiène.

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Déjà, j’entends par ici et par là un son, celui du vrombissement des machines à tatouer. La foule s’intensifie ; il faudra jouer du coude pour s’approcher de ces artistes venus du monde entier. En déambulant dans les nombreuses allées de la Grande Halle de la Villette, la foule s’active et je remarque que certains jettent leur dévolu sur le stand du tatouage tribal réalisé au marteau. C’est extraordinaire ! D’autres découvrent le tatouage japonais « horimono », puis le tatouage « old school » en passant par l’hyperréaliste ou le tatouage graphique. Autant de méthodes et de styles différents que proposent les professionnels. Annoncer qu’il existe un courant plus fort qu’un autre, a priori non. Mais le spectacle n’est pas uniquement dans les stands. Il est aussi dans les allées où nous pouvons croiser des gens embellis de leurs plus belles images indélébiles. C’est un défilé de haute couture perpétuelle. Ils sont tous beaux et fiers de porter et d’exhiber leurs insignes.

Mondial_tatoo-7Il n’est pas rare que je sois ébloui devant le travail de certains tatoueurs. Je reste planté à scruter leur art, ils s’appliquent comme des artistes qu’ils sont. Les langues se délient, j’entends des adolescents, accompagnés de leurs parents, demander conseils aux professionnels, tandis que d’autres sont déjà allongés sans pudeur sur le banc, un casque musical aux oreilles tels des habitués, dans l’attente de leur première piqûre sur le dos, sur le ventre, sur la jambe, sur le bras ou ailleurs… L’ambiance qui règne transpire la convivialité et le partage d’une passion commune. Je serais bien incapable de cerner le profil type du tatoué. Il me ressemble, il vous ressemble, c’est un homme, c’est une femme. J’ai vu autant de femmes que d’hommes allongés sur ce célèbre banc et autant de tatoueurs que de tatoueuses manipuler le dermographe. Ce n’est pas une réponse de normand mais c’est l’image que j’ai pu capter pendant cette journée.

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Le Mondial du tatouage aura été l’occasion rêvée pour les indécis de succomber à la tentation mais avant tout, l’occasion d’observer les tatoueurs les plus emblématiques et les plus reconnus de la planète en pleine séance de travail. C’est aussi l’occasion de donner au tatouage une tribune, car il s’agit avant tout d’un art. On y découvre de nouveaux artistes, de nouveaux courants.

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J’ai retrouvé la femme avec qui j’avais entamé un dialogue au début de mon reportage. Elle était assise sur un tabouret, stoïque, le dos dénudé offert à son « bel italien » s’appliquant à lui incruster l’encre de couleur qui la tatouera d’une splendide rosace pour l’éternité.

Attention danger ! Pour ma part, la tentation a été grande mais je ne me suis pas laissé aspirer par ces machines baptisées dermographes. Le temps d’attente, pour se faire tatouer, peut paraître souvent long mais aujourd’hui pour moi, il a été salutaire. On verra l’année prochaine.

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Des conseils à retenir pour l’édition 2016 (si il y a) : économisez un peu d’argent, réservez votre tatoueur préféré bien à l’avance et munissez-vous d’un projet bien ancré à moins d’être tenté par un coup de cœur sur place.

Crédit photos : Monsieur Vintage

Mondial du tatouage : la Grande Halle de la Villette

Dernier jour : dimanche 8 mars : 11h30 à 19h00

NB. Les porteurs de billets en pré-vente auront accès à 11h le dimanche (ouverture au public 11h30) !
Les personnes ayant rendez-vous avec un tatoueur en début de journée peuvent demander à leur tatoueur (ou son assistant) de venir les récupérer à l’entrée : dans ce cas, elles doivent se munir de leur billet en pré-vente et se présenter suffisamment tôt au guichet « invitations » pour pouvoir accéder dès 11h  à La Grande Halle de La Villette.
Aucun accès ne pourra être autorisé avant 11h .

Tags : dermographeGrande Halle de la VillettehorimonoMondial du tatouagetatouage
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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