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ESSAI YAMAHA XV950R BOLT : DU SAKÉ DANS MON BOBBER !

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Après l’essai de la Yamaha 1700 v-max, j’ai demandé au constructeur de me confier une moto qui ne ressemblerait en rien à la production actuelle, du moins une moto qui se poserait bien là dans notre ligne éditoriale, vintage-néo rétro. Non pas qu’elle soit ancienne mais une moto dite « Classic ». La proposition du constructeur aux diapasons ne sait pas faite attendre : La XV950R Bolt (Bolt aux États Unis).

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Mon regard, un brin interrogateur, a acquiescé cette offre. Mais en retour, je confesse à l’attachée de presse qu’elle prenait quelques risques à me confier une moto qui ressemble à s’y méprendre à une Harley Davidson 883 sporstster, compte tenu de mon historique moto avec la marque américaine. On sort la moto du hangar afin d’avoir un éclairage optimal et là, stupéfaction ! Elle se présente dépouillée mais composée de l’essentiel : un cadre, un guidon, deux roues, une selle et entre les jambes, un moteur dont j’attends quelques sensations. On m’annonce un couple maximal de 8,1 mkg (79,5 Nm) atteint à seulement 3.000 tr/min… Ça promet !

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C’est une moto dotée d’une vraie personnalité. Cet engin est bien loin du bling bling ambiant. Le mot profusion n’est pas ce qui caractérise l’engin, c’est bien la simplicité qui règne. Et croyez moi, ce n’est pas facile d’être simple ! Yamaha nous propose un nouveau tableau de son savoir faire, comme un peintre qui a acquis les bases de son art, qui maintenant peut se permettre d’élargir son spectre et de pousser le plus loin possible l’étendue de son talent. Je sais bien que ce n’est pas par hasard si Yamaha propose cette machine dans un premier temps sur le sol américain. C’est une opposition osée et frontale au HD 883 Iron. Mais comme on dit : qui s’y frotte s’y pique. Alors voyons si cet adage se vérifie.

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La moto se présente comme un engin taille de guêpe à tendance urbaine et accessible au plus grand nombre. Malgré un poids flirtant avec les 250 kg et un centre de gravité placé bas, la moto semble légère et très maniable. Assis sur la selle mono, façon daim, surpiquée bien dessinée, la Bolt nous accueille confortablement. Mes deux pieds sont bien arrimés au sol. La légère inclinaison du petit guidon vers le pilote permet une position des bras sobrement détendue. On y est bien. Avant de prendre la route, je me permets un petit tour du « propriétaire » afin de bien scruter la machine. J’admets une ligne ultra équilibrée et un dessin bien inspiré. On sent la qualité des matériaux. Yamaha ne fait pas dans la demi-mesure.

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Étudions le coté cosmétique de la « Yam Bobber ». Ramassée, la Bolt nous propose un cadre double berceau sur lequel repose le bicylindre tout noir en V. Les pneus chaussent des jantes à bâtons noirs, (100/90/19 à l’avant et 150/80/16 à l’arrière), au-dessus de la fourche lorgne un gros phare dans la pure tradition «US». Juste au-dessus du guidon, un gros compteur digital  propose le minimum requis pour être alerté des performances. Le réservoir, 12 litres, en forme de goutte d’eau, inclut une serrure sur son bouchon. À l’arrière, on découvre un garde-boue court et légèrement bombé sur lequel s’assoit un feu à leds chromé circulaire. Et ce n’est pas fini ! Yamaha affuble son échappement 2-en-1 d’un cache silencieux ajouré, dont l’effet est plutôt sympa, d’une courroie crantée en guise de transmission finale et de superbes amortisseurs sur lesquels sont adossées des bonbonnes dorées.

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Alors contact… Introduire la clé de contact, assis sur la moto, demande un peu d’effort. Il faut tendre le bras sous le réservoir et vers le bas de la colonne de direction. Pas très pratique, même un peu déroutant.  La Bolt accueille son pilote avec les honneurs. Bien installé, les mains sur le guidon, les commandes «tombent» naturellement. Première enclenchée, les pieds bien positionnés, mon genou droit vient immédiatement percuter le proéminent filtre à air. Dommage car je n’ai pas d’autre choix que de continuer ainsi. Le vrombissement des pots est bien dans l’esprit, il colle bien à la moto. On sent à l’allumage du moteur une vibration grimpant sur la fourche et transmettant quelques spasmes sur toute la longueur du guidon. Yamaha réussit un tour de force en nous fournissant des sensations pas très éloignées d’une Harley. C’est bien vu. Le moteur est celui  de la 950 xv de 2009 revu.  Il est pourvu d’un amortisseur d’embrayage, de nouveaux conduits d’admission, une boite à air réduite et la cartographie d’allumage et d’injection a été adaptée dans le but de favoriser le couple à bas régime.

YAM_1Avec une prise en main facile sur route, la Bolt avale de façon très limpide l’asphalte avec tout de même des sensations plutôt amorties. Toute vitesse enclenchée,  la moto est un vrai régal, dynamique, hyper généreuse, souple et docile avec un couple moteur (79,5 Nm à 3000 tr/m) qui permet de repartir en 5ème à très bas régime. La « Yam » se montre maniable et précise. Elle enroule les virages sans rechigner. La boite de vitesse est précise et la courroie crantée garantit une bon passage de la puissance. Sur autoroute, au-dessus de 130 km/h, accrochez-vous bien au guidon. La prise au vent oblige à être très vigilant. Mais personne n’oblige à rouler au-delà de cette limite. Entre nous, la Bolt est à son avantage en ville et sur les départementales ; c’est là qu’elle excelle. C’est là qu’elle « cruise » au max.  Bien loin de l’esbroufe, la beauté des amortisseurs arrière ne retire en rien leur efficacité. La moto tient sa trajectoire et le confort est largement recevable. Du moins en ce qui concerne le pilote car en guise de selle,  le passager n’aura droit qu’à un bout de « pouf »… Pas sûr que ce soit très efficace.

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Bon puisqu’il faut freiner, notre monture est équipée de l’ABS. Un bon dosage des commandes garantit un ralentissement opérant. Je l’ai testé de façon accrue lors de ma ballade en ville et je peux vous assurer que même si le frein avant manque un peu de « grip », on se sent tout de même rassuré.  J’ai remarqué lors d’une manœuvre à très faible allure que le rayon de braquage était long. La butée courte de la direction oblige à bien anticiper le mouvement. Avec un réservoir de 12 litres, la Bolt offre une autonomie d’environ 180 kilomètres. La consommation durant  l’essai a été observée aux alentours des 6/7  litres au cent.

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Alors, que dire de cet engin plaisir, enjoué au caractère très urbain, possédant le caractère et la personnalité des anciennes créations, mais revisité dans un look japonais néo-rétro ? Cette moto exclusive ne fera sûrement pas oublier qu’il existe un maitre étalon sur ce créneau… Le HD 883 Sportster. L’américaine est sur ce terrain depuis 1957. Alors on peut vite imaginer que depuis tout ce temps, elle est au firmament dans cette catégorie. Au cinéma, souvent, on entend : « c’est le nouveau Brando, c’est le nouveau Belmondo… ». Et bien non, ce n’est pas comme cela que ça marche. Pour la Bolt, c’est pareil : ce n’est pas le nouveau « Sports ». C’est une moto qui joue dans le même registre que celle de Milwaukee mais qui doit se forger son propre caractère et tracer sa route toute seule avec toutes ses qualités. Et dieu sait qu’elle en a !

  • Moteur :
  • Bicylindre en V
  • Refroidissement : par air
  • Injection Ø nc
  • 1 ACT par cylindre
  • 2 soupapes par cylindre
  • 942 cc (85 x 83 mm)
  • 52 cv à 5500 tr/min
  • 8,1 mkg à 3000 tr/min
  • Chassis :
  • Cadre : Double berceau tubulaire en acier
  • Réservoir : 12 litres
  • Hauteur de selle : 690 mm
  • Longueur : 2290 mm
  • Hauteur : 1120 mm
  • Poids en ordre de marche : 251 kg
  • Transmission :
  • Boite à 5 rapports
  • Transmission secondaire par courroie
  • Train avant :
  • Fourche telescopique Ø 41 mm, déb : 120 mm
  • 1 disque Ø 298, étrier 2 pistons
  • Roue AV : 100 / 90 – 19″
  • Train arrière :
  • 2 amortisseurs latéraux, déb : 70 mm
  • 1 disque Ø 298, étrier 1 piston
  • Roue AR : 150 / 80 – 16″
  • Tarif : 9499 € (ABS de série)

Photos réalisées par Alexis PILLON

Modèle : Clea PETROLESI maquillée par  Karen MakupArtist

Tags : BOBBERXV950 R BolYamahaYamaha XV950 R
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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