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Monsieur Vintage a aimé « Vengeance glacée au coulis de sixties »  Qu’est ce que c’est ? Le dernier polar de Thierry Le Bras. Ce polar démarre sur les chapeaux de roues pour vous piloter vers un flash-back vrombissant dans le formidable tourbillon des sixties. Vous aimez les bons petits plats, la Nouvelle Vague, les idoles des années 60, les voitures de sport un peu folles de cette époque ? Ce sont aussi les péchés de l’auteur, qui ancien pilote automobile amateur, se reconnaît volontiers épicurien et nostalgique de la période vintage. Si comme lui, vous vous souvenez qu’avant de devenir un adulte responsable, vous avez été un adolescent turbulent, si vous aspirez à vous immerger quelques heures dans la jeunesse dont vous avez rêvé, ce roman vous comblera.

Il n’en fallait pas plus pour proposer une interview vintage à celui qui partage sa curiosité des atmosphères anormales et des mécanismes psychologiques qui guident les personnes les plus attachantes comme les plus inquiétantes… waouh suspens !!!

En quelques mots Thierry Le Bras, qui êtes-vous ? D’abord le biographe de mes personnages. Car comme le considérait Serge Dalens, les personnages de fiction vivent vraiment dans un univers parallèle. Les miens m’ont accepté dans le leur. Ils me confient des temps forts de leur existence que je me charge de raconter aux lecteurs. Accessoirement, je suis un ancien pilote automobile amateur, l’auteur de nombreuses chroniques juridiques et automobiles et un consultant passionné par la communication judiciaire.

Depuis quand écrivez-vous ? J’ai commencé mon premier roman à l’âge de dix ans sur un cahier d’écolier. Il s’agissait des aventures  d’une bande de jeunes qui construisait une voiture inspirée de la Cobra et de la Corvette. Ils avaient l’intention de l’engager aux 24 Heures du Mans.  Je n’ai jamais terminé ce livre. Le manuscrit a sans doute fini à la poubelle lors d’un déménagement. Mon premier texte édité date de l’époque du lycée. Un magazine consacré aux sports mécaniques et un éditeur de livres organisaient un concours de nouvelles sur le thème de la moto. J’ai fait partie des lauréats avec une histoire de motocross qui a été intégrée dans un recueil assez largement diffusé.

Pourquoi précisément un livre qui mêle polar, vintage et gastronomie ? J’avais envie de raconter une histoire qui se passe au cœur des sixties, une période de tourbillon, d’enthousiasme. Les années 60, c’était le temps des trente glorieuses, de la conviction que le progrès et la croissance résoudraient tous les problèmes. Tout paraissait possible. Le sida n’existait pas. Les limitations de vitesse non plus, sauf exception. Personne ne pensait au cancer du fumeur ni à la pollution. Les artistes ne se prenaient pas pour des philosophes, des guides spirituels ou politiques. Ils s’attachaient à distraire le public, ce qui n’était pas si mal. L’environnement matériel  reflétait la joie de vivre. Un âge d’or avec des automobiles originales, différentes, des objets festifs comme les transistors, les disques vinyles, les caravanes… La bonne chère s’associait naturellement à l’art de vivre, d’autant que la législation en vigueur n’autorisait pas les contrôles systématiques d’alcoolémie. Le « polar »  constitue un exercice propice à la description d’une société. Les dangers auxquels les personnages se trouvent exposés relèvent les saveurs du scénario. D’où l’idée de « mijoter » les trois ingrédients ensemble avec une sauce « légère » aux arômes d’insouciance !

Quel est votre livre de chevet ? S’il faut n’en retenir qu’un, je dirai « L’Affaire Balzac » de Serge Dalens. Une intrigue aux implications politiques et sulfureuses qui met Christian d’Ancourt à rude épreuve. L’action se déroule au cours des années 60 et le héros roule dans un spider Alfa Romeo 2600.

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Lotus Elan

Quelle serait votre voiture de « chevet » ? Sans hésitation une Lotus Elan du milieu des années 60. Une auto légère, vive, sans concession, conçue  pour la performance et le plaisir du pilote. La synthèse parfaite de la philosophie et du génie de Colin Chapman. Ce n’est pas un hasard si Xavier, un des personnages principaux de mon roman, roule justement en Lotus Elan.

Si demain, vous pouviez construire une auto, comment serait-elle ? C’est amusant que vous me posiez cette question car j’y réponds par personnages interposés dans une autre série de polars également au cœur la course automobile (Les aventures de David Sarel : Chicanes et dérapages de Lorient au Mans). Durant mon enfance, je dessinais le profil d’un coupé-lift back deux places très sportif. Une propulsion naturellement ! Quand j’ai vu l’Opel GT en 1969, je me suis dit qu’elle ressemblait à mon idéal esthétique, affiné par des dessinateurs bien plus doués que moi. Aujourd’hui, la voiture aurait grandi sans renier son design d’origine. Elle serait devenue un coupé 2+2, avec des ailes élargies, un spoiler et un aileron arrière. Un moteur atmosphérique 6 cylindres d’au moins 3,5 litres lui offrirait une puissance supérieure à 320 chevaux.  Des baquets enveloppant en cuir assureraient un maintien parfait au pilote et au passager avant.

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Opel GT

Quel est votre rapport avec le vintage ? L’évolution de l’automobile m’a d’abord fait réaliser que je préférais les modèles d’avant à ceux de la période contemporaine. Aucun produit d’aujourd’hui n’offre le charme d’un Coupé Alfa Romeo 2000 GTV Bertone ou d’une BMW 30 CSL. A moins peut-être d’acheter une Lamborghini ou une Pagani Zonda. Mais les budgets ne sont pas comparables. Les dernières voitures revendiquant un caractère vraiment personnel et affirmé sont (à mon sens) la VW Golf GTI MKI, l’Opel Kadett GTE et la première génération de BMW M3. Les machines actuelles, quelles que soient leurs qualités et leur performances, deviennent  trop aseptisées et trop calquées sur les offres de la concurrence. Mes artistes de variétés favoris sont toujours restés ceux révélés pendant les années 60, à commencer par Sylvie Vartan, Michel Sardou, France Gall, Serge Gainsbourg, Jane Birkin… Puis peu à peu, j’ai redécouvert les charmes des objets d’hier. Une montre Lip avec ses aiguilles, c’était quand même autre chose qu’un « truc » d’extra-terrestre qui vous affiche l’heure sur un écran à cristaux liquides. Un disque vinyle symbolisait le plaisir d’écouter un artiste apprécié. Le vintage s’associe à la qualité, à l’exception, à la convivialité, et ce sans obligatoirement dépenser des fortunes. Le Vintage rappelle une époque où le luxe restait plus abordable parce qu’il représentait d’abord l’expression de sa personnalité. Le contraire de notre époque alignée sur l’uniformité, le diktat du politiquement correct, la bien-pensance formatée et universelle, la banalité aussi médiocre que sinistre.

Pourquoi le titre « Vengeance glacée au coulis de sixties » ? La plupart des méfaits des professionnels du crime trouvent leur source dans le passé. A un moment où à un autre, ils se vengent d’une séquence de leur vie qu’ils n’ont pas digérée.  Ou alors, ils subissent la vengeance d’une de leurs victimes. Cela se passe souvent longtemps après les faits initiaux. Car la vengeance est un plat qui se mange froid, voire glacé… En outre, la gastronomie s’invite à la carte du roman. Le lecteur découvrira des restaurants conviviaux et il se rappellera certaines recettes associées à des moments de plaisir. Il rira enfin de nombreuses expressions issues de la cuisine qui illustrent les conversations quotidiennes et parfois le vocabulaire du milieu. Le coulis de sixties évoque la période de l’action (1966) et la couleur du sang. Il s’agit d’un roman policier, avec des meurtres, des cadavres, du suspense et de l’angoisse…

L’écriture est-elle un exutoire ? C’est d’abord l’envie de partager des passions, celles de l’automobile, de la compétition, de la cuisine traditionnelle, des variétés des années soixante et soixante-dix… Mais je reconnais bien volontiers que la fiction me permet également d’aborder des thèmes ou situations qui me font réagir, parfois dans l’indignation ou le regret.

Si vous deviez définir le vintage ? Des tendances, des modes de vie, des objets d’une époque tourbillonnante, pleine d’espoir et hélas passée. Une tranche d’histoire marquée par l’imagination sans limite, l’audace, l’originalité, la confiance en l’avenir. C’est cet état d’esprit qui caractérise le génie du vintage.

Si vous deviez définir la nostalgie ? Un sentiment personnel lié à une notion de regret. Le temps qui passe la rend inévitable. Non seulement parce que notre jeunesse s’évapore et que nous n’aurons plus le temps de réaliser tous nos rêves. Mais aussi parce que nous perdons des proches, soit parce qu’ils disparaissent, soit parce que le temps sépare la plupart des groupes d’amis et les familles.

Alors M. Le Bras, vintage ou nostalgiqueLes tendances des années 60 et 70 sont celles de mon enfance, de mon adolescence, de ma jeunesse. Donc, je me sens naturellement  en phase avec cette période. J’appartiens à la génération SLC Salut Les Copains. J’ai été ravi quand France Gall a remporté L’Eurovision avec Poupée de cire, poupée de son. En CM2, mon plus grand héros s’appelait Jim Clark. J’ai joué avec des miniatures Dinky Toys et un circuit Scalextric, pas avec une console et des jeux vidéo. Tout ça, ce sont des symboles du vintage. Maintenant, vintage et nostalgie se mêlent forcément. Je préfère résolument  l’humour épicé d’érotisme mignon des Sucettes à l’anis au vide sidéral d’un Allo quoi, t’es une fille et t’as pas de shampoing. Je choisis sans hésitation l’omelette aux fines herbes avec ses pommes sautées du terroir plutôt que la boite de raviolis industriels qui renie sa marque d’origine pour arborer celle d’un distributeur présumé le plus compétitif du marché. Le bon vieux Rock’n Roll me réjouit. Je n’ai rien contre ceux qui aiment la techno ou l’underground, mais ce n’est pas mon truc… Une petite citadine contemporaine française connectée dont le moteur s’arrête de tourner à chaque feu rouge ? Bof… Ça ne vaut pas ma première Mini juste après le permis. Alors vintage ou nostalgique ? Sûrement un peu les deux.

Que pensez-vous de ce retour aux sources ? Il traduit le malaise d’une société aseptisée, déprimée, désespérée de son présent et inquiète face à l’’avenir. Quel meilleur remède que le retour à un passé enthousiasmant ? Les industriels l’ont compris en intégrant le vintage à leurs catalogues. Dans le secteur automobile, la Fiat 500, la Mini, la nouvelle Coccinelle correspondent à ce phénomène. Tout comme la renaissance des sigles Gordini, DS, Alpine. Ou encore les nombreuses émissions télévisées consacrées aux stars des années 60. Sans parler des spectacles « Le temps des Yé-Yé », « Âge tendre et têtes de bois », « SLC Salut Les Copains » ou « Toutes les chansons ont une histoire »

Portez-vous sur vous un article, objet, accessoire vintage ? A l’heure où je vous réponds, un gilet Lacoste bleu marine que j’ai depuis très longtemps et qui vieillit très bien. Probablement mieux que moi…

Une couleur vintage et pourquoi cette couleur ? Le bleu métallisé, couleur officielle des Cobra Shelby en course, de nombreuses Ford GT40, des Berlinettes Alpine…

Une odeur vintage ? Eau sauvage de Dior.

Un film vintage : « Le Mans » avec un Steve McQueen parfait dans le rôle de Michael Delaney. « La course, c’est la vie ! Avant et après, il n’y a que l’attente », affirme le héros. C’est une de mes trois citations préférées.

Une musique ou une chanson vintage : « Le testament », une chanson de Sylvie Vatan sortie en 1967  

Note music À tous mes amis, je laissais bien peu /L’occasion de souffrir /À mes ennemis, je laissais bien mieux /L’occasion de mentir Note music 

Des paroles authentiques, qui ne se démodent pas, qui provoquent une émotion et touchent beaucoup de monde. Elles entrent parfaitement dans la conception du vintage.

Un fantasme vintage : Un nouveau parti politique se crée avec pour programme la relance du plaisir automobile et un pied de nez aux autophobes rabat-joie. Il propose la baisse des taxes sur les carburants, les assurances, l’assouplissement des limitations de vitesse sur route et leur suppression sur autoroute. Une campagne d’État vante la liberté et les joies qu’apporte la bagnole avec des images de départs en vacances dans des Dauphine, 2cv, 203, Triumph TR3. L’Etat incite les constructeurs français à fabriquer des modèles sportifs devenus politiquement incorrects dans l’esprit des Facel Vega, Berlinettes Alpine, Citroën SM, Panhard PL 24, 4cv 1093, Floride. . Les gens retrouvent l’envie d’acheter des voitures. La politique de relance du plaisir automobile les motive, leur redonne confiance. L’économie repart et la courbe du chômage s’effondre. La France est sauvée grâce aux voitures conçues dans l’esprit du vintage ! Hélas, ce n’est qu’un fantasme.

Une raison pour laquelle nous devrions acheter votre livre ? Mon roman comble le besoin plus ou moins conscient des adultes responsables de replonger dans l’insouciance de leur jeunesse. Plus la peine d’acheter en cachette des livres « cross-age » pour s’identifier aux jeunes héros. Plus besoin de surfer sur les réseaux sociaux pour tenter de retrouver d’anciens amis du collège forcément imparfaits et peut-être méconnaissables.  Le livre vous transportera quelques heures au temps vintage dans la jeunesse dont vous avez rêvée.

Une autre… Si vous êtes épicurien, votre imagination se régalera de délicieuses recettes préparées avec le plus grand soin par d’excellents cuisiniers.

Où trouver votre livre ? Il est disponible en version eBook sur Amazon au prix de 3,55 €. Vous pouvez le télécharger en moins d’une minute en suivant ce lien  http://amzn.to/1pwK0iL .  Une version papier est à l’étude. J’espère boucler bientôt les accords et partenariats permettant de la concrétiser.

Quels sont vos projets… Un prochain livre ? Plusieurs livres, même ! Philippe Georjan, le personnage principal de VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES apparaîtra dans deux recueils de nouvelles auxquels je travaille actuellement. Un peu plus tard, il sera le héros de deux autres romans. Une histoire dont l’action se déroule en Finlande, tout près de la frontière russe,  à la fin de l’année 1968. Une Ice crime sur fond de guerre froide. L’autre aura pour cadre La Baule au début de l’année 1969. Suspense, voitures vintage et gastronomie seront au menu. Je ne vous en dis pas plus pour l’instant… 

Tags : France GallJane BirkinL’Affaire BalzacMichel Sardoupolar vintageSerge GainsbourgSylvie VartanThierry Le BrasVENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

1 commentaire

  1. interview super les réponses donnent envie d’en lire plus!
    l’auteur est très documenté il exprime sa passion pour l’automobile et pas n’importe laquelle!
    le style est rageur comme le moteur de sa Lotus!

    On sent qu’il y en a « sous la pédale !!!!!! »

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