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Harley Davidson la marque de Milwaukee cultive le passé pour assurer l’avenir

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Je suis sur le point d’essayer une Harley Davidson, marque emblématique américaine et ce depuis 1903. Harley Davidson est probablement à l’Amérique ce que Brigitte Bardot est à la France. Une icône ! Bon, passons les formules de politesse d’usage et entrons dans le vif du sujet.

C’est fait, maintenant j’y suis.

Aujourd’hui, le fait est que la moto prêtée pour l’essai est un modèle fabriqué en dehors des frontières de l’Oncle Sam. La 750 Street, dernière née de la gamme Harley, destinée au marché européen, est produite en Inde ! À Bawal précisément. Est-ce que cela en fait une moto non américaine ? À l’instar de nos Renault Peugeot fabriquées bien loin de notre hexagone, sont-elles pour autant des voitures espagnoles, turques, tchèques, portugaises ou slovènes ? A priori, la réponse est NON !! Et je passerai mon tour à la question de savoir si la 750 Street est républicaine ou démocrate. Encore que j’ai mon idée sur la question.

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La rencontre avec l’engin est surprenante à bien des égards. Mes yeux ne sont pas mi-clos. Bien au contraire.

Elle ne ressemble à rien d’existant d’un produit de chez Harley Davidson : ni un Sportster, ni une Dyna et ni un Softail et même pas un V-Rod. Elle flirterait plus du côté d’une XLCR 1000 des années 70… On me dit oui, « because » saut de vent, jantes à bâtons et tubulures d’échappement qui forment un X. Très bien, je note. Pour ma part je ne suis pas totalement convaincu. La vérité : je n’aime pas les «remake».

Au premier coup d’œil, on sent le compromis, un certain mélange des genres… Ou plutôt, une machine qui aurait pu être fabriquée en fonction d’un sondage. J’exagère un peu mais… Je me souviens avoir eu ce sentiment en 2001 avec la sortie de la V-Rod, machine qui, encore aujourd’hui, divise les puristes, même si elle a su tracer sa voie et emmener avec elle un certain nombre d’amateurs. C’est dingue comme on a du mal avec le changement… Le vrai changement, le radical qui nous fait perdre toute notion de rattachement. Aurions-nous le même sentiment si cette moto n’était pas un produit estampillé HD mais plutôt un produit d’une nouvelle marque ?

La 750 Street constitue aujourd’hui l’entrée de gamme de la marque, par sa cylindrée et son prix. C’est en fait la taille «S» de la marque alors que le 883 se déclinera maintenant en taille «M». Cette « HD«  utilise, en lieu et place du bon vieux V-twin à 45°, un tout nouveau moteur codé « Révolution x ». C’est un V à 60° refroidi par eau ; l’énorme radiateur est bien là pour s’en convaincre. Au niveau de l’esthétique, ce moteur ne ressemble en rien à la production actuelle Harley Davidson. Il affiche 750 cm3 associés à un couple de 60nm ; le moteur est bien plus moderne que les autres de la marque. Harley Davidson anticipe sur les nouvelles normes anti-pollution.

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En ce qui concerne l’aspect général de la moto, au premier regard, un vrai sentiment de qualité se dégage ; d’ailleurs, la présence de matériaux en métal l’atteste.

Attention tout de même : une Harley reste une Harley. On trouvera toujours un détail pas très heureux comme ici en haut, juste derrière la fourche : des faisceaux électriques qui se baladent à la vue et à l’œil de tout le monde. Dommage ! Car la machine étant vraiment nouvelle, on s’attend tout même à ce que le constructeur gomme au moins le minimum.

Une fois enfourchée, elle vous met immédiatement à l’aise avec une selle moelleuse qui repose à 652 mm du sol. Mes deux petits pieds badinent tendrement avec le tarmac. Tout d’un coup, on se sent grand et rassuré. Devant vous se présente un guidon large avec une légère sensation que les embouts repartent en avant, juste une sensation et la position des bras est plutôt détendue. Mes pieds tombent naturellement sur des repose-pieds. Mes genoux collent bien au réservoir. En définitif, la prise en main est favorisée par une ergonomie naturelle. Bon point pour les néophytes hommes ou femmes. C’est bien vu !

HD_21Clé de contact introduite juste sous le compteur, mon pouce actionne le bouton de démarrage ; j’appuie sur le levier d’embrayage, qui pour le coup est d’une manipulation très légère. J’enclenche la 1ère et c’est parti. Première impression : pas de son, du moins pas celui que j’attendais. J’avais demandé du grave on me livre de l’étouffé. Bon, passons mon coté mélomane et abordons l’essentiel. La conduite ; ce qui saute littéralement aux yeux, c’est son poids léger (222 kg) et la facilité de conduite. Tout semble prédisposé à rouler ou à « rider ». Les commandes sont souples, le moteur répond bien et la boite 6 est facile à appréhender avec une transmission par courroie. On est sur une HD très aseptisée. On peut presque prévoir comment elle va réagir tellement elle est prévisible. Attention, ce n’est pas un défaut mais pour avoir été gros consommateur de la marque de Milwaukee, c’est un peu déroutant. Pas de vibration, pas de son, pas de claquement de boîte lorsqu’on enclenche la première…Tous ces petits aspects qui forgent un caractère se sont volatilisés. Tout ce qui caractérise l’univers Harley… Parti, envolé. Pour les néophytes, ce n’est pas gênant car ils n’ont pas d’arriérés tandis que les habitués devront accepter ce nouveau moteur aux accélérations progressives et linéaires et moins caractériel.

La mécanique est souple et propose une belle disponibilité à bas comme à haut régime. Il allonge bien et répond aussi bien avec une cavalerie de 57 ch annoncés à 7500 tr/min. A vitesse soutenue, la Street reste stable et les amortisseurs arrière répondent correctement afin de gommer certains défauts de l’asphalte. La moto est très précise et croyez moi, pour la prise en main, c’est tout « bénef ». La combinaison moteur/châssis fonctionne très bien.

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Après quelques kilomètres sur route, nous voilà en ville, son terrain de prédilection. Elle est d’une agilité presque bluffante. Encore une fois, son poids léger est un facteur de facilité de conduite. Elle se faufile très facilement, elle assure grave ! Petit détail qui à son importance, c’est sa garde au sol très basse. J’ai le sentiment de retrouver des sensations « Harley ». Mais attention tout de même à la négociation de certains virages ou sur des ronds points. Si on attaque vraiment, on peut se laisser surprendre d’entendre l’effleurement soit du pot, soit de la béquille sur le sol… Le bruit n’est pas cool et la sensation non plus.

Qui dit ville dit freinage intempestif et là c’est plutôt fatigant pour un engin urbain comme la Street. Nous retrouvons exactement les perceptions des sportster des années 90. Il faut réellement anticiper et surtout jouer des deux freins. Sur la Street de notre essai, le frein avant est à la peine, aucun mordant et pour l’instant l’option ABS n’est pas prévue. Le frein arrière répond après avoir enduré une longue course avec la pédale, le bout du pied bien incliné… Alors attention, méfiance, il faut s’y préparer.

Durant les 250 km parcourus, je n’ai ressenti aucune fatigue et aucun tremblement dans mes doigts. Les possesseurs de « sporst » sauront très bien de quoi je veux parler. L’instrumentation est assurément basique. C’est le « street minimum ». Économies obligent… Prix de la 750 Street : 7 890€. C’est moins cher qu’un sporstster plus « coupleux » qui, lui, est vraiment dans l’esprit Harley.

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L’objectif de la 750 Street est tout indiqué. D’abord sa vocation : urbaine ; elle est conçue pour la ville et ses rues. Elle répondra exactement aux attentes des débutants de la marque, hommes et femmes ou aux nouveaux permis qui veulent accéder tout de suite à l’univers Harley. C’est un ticket d’entrée pour accéder dans le saint des saints de la marque américaine. Cette moto est facile et vraiment très agile. Cette machine devrait, en théorie, plaire au plus grand nombre. La Street est destinée à séduire les jeunes urbains et à satisfaire leurs désirs de personnalisation. Je vais vous avouer « une vérité » on s’y attache à cette « américaine », on gagne à la connaitre!

Caractéristiques :

Chassis : Cadre : berceau et acier Réservoir : 13.1 litres Hauteur de selle : 709 mm Longueur : 2225 mm Empattement : 1534 mm Poids à sec : 206 kg Poids en ordre de marche : 222 kg

Transmission : Boite à 6 rapports Secondaire par courroie Roue av : 100/80 – 17″ Roue AR : 140/75 – 15″

Moteur : Bicylindre en V à 60°, 4 temps Refroidissement par eau Injection 38 mm 1ACT 749 cm3 (85*66mm) 57ch à 7500 tr/min 6.2 mkg à 4000 tr/min Rapport poids puissance : 3.61 kg/ch

Photos réalisées par Alexis PILLON

Les impressions de Philippe PILLON : journaliste/essayeur chez Monsieur Vintage

Pour les plus d’1m80, ce qui est mon cas avec mon 1m88, il faut oublier la nouvelle Harley-Davidson Street. La selle est placée trop bas pour déplier correctement les grandes guibolles des grands gabarits, et des douleurs aux hanches se font parfois sentir sur longs trajets. Pour les motards dont la taille se situe entre 1m50 et 1m70 c’est parfait ! La position de conduite est bonne, plutôt reposante, bras tendus mais pas étirés, guidon relevé, attention tout de même à ne pas se brûler le mollet droit sur le large et long pot qui prend de la place.

Pour le reste, on est sur un tout nouveau bloc Harley de 57 chevaux assez vif, coupleux et linéaire. La moto possède une bonne tenue de route, même sous forte pluie ayant eu le privilège de traverser Paris sous des seaux d’eau sans que la moto ne chasse. La boîte de vitesses est très douce, recherche du point mort facile, le moteur est souple.

Point fort : la maniabilité. Cette « Street » légère peut enchaîner les pif-paf facilement, elle se faufile partout en ville et possède un bon rayon de braquage ! Alliée à une consommation faible (dommage qu’il n’y ait pas de jauge mais bon, on est à 7 890€ pour une Harley..), c’est une partenaire envisageable pour le milieu urbain.

Globalement, avec ce nouveau produit Harley, on a l’impression d’être sur du Honda, par le bruit du pot qui ne sonne pas « Milwaukee », par le moteur et la souplesse. Carton rouge pour le freinage, qui rappelle celui des vieux modèles de la marque. Un frein arrière correct à condition d’écraser la pédale, quant à l’avant c’est trop léger, beaucoup trop.

Pour la finition, on est en deçà des critères de Milwaukee. Fabriquée en Inde et à un prix plancher pour une HD (7 890€), la « Street » souffre de câblage apparent pas très esthétique et de points de soudure perfectibles (fourche arrière et réservoir).

A part le freinage et une finition perfectibles, la Street est une Harley abordable qui se place à 1 100 euros de moins qu’une Iron 883 et destinée à une nouvelle clientèle (pays du BRIC, jeunes motards urbains et motardes qui apprécieront le look dépouillé de l’ensemble).

Tags : 750 STREETHARLEY DAVIDSONHarley Davidson 750 Streetmoteur Révolution xmoto
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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