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Interview de Magaly Nelli, fondatrice de Vintage Market.be

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Nous avons découvert, Vintagemarket.be, un site dédié à l’univers du vintage, dont la fondatrice est Magaly Nelli. Notre curiosité nous a poussé à aller à sa rencontre. Elle a accepté de se prêter au jeu de l’interview de Monsieur Vintage, exercice pas toujours facile mais elle s’en sort plutôt bien. Je n’en dirai pas plus sur Magaly et Vintage Market. L’interview devrait vous éclairer au mieux sur son histoire et sa place de marché comme elle l’évoque très bien aux travers des lignes qui suivent.

Avant de discuter de ce qui nous amène, pouvez-vous nous brosser en quelques mots votre parcours ?

Je suis issue du monde de la communication ! Je travaille depuis 2001 en tant que chargée de communication et j’ai multiplié les expériences dans les secteurs associatif, public et privé. Je suis polyvalente et de nature curieuse. Ma fonction m’amène à jouer les femmes-orchestres tout au long des projets que je coordonne, que ce soit en web, événementiel ou sur les réseaux sociaux ! Et aujourd’hui, je travaille pour une entreprise active dans la grande distribution alimentaire.

Comment vous est venue l’idée du site  VintageMarket ?

Cette idée m’est venue un peu par hasard. En freelance depuis quelques années, l’idée de monter un projet qui me tient à cœur me taraudait déjà depuis quelque temps. En mode veille quant aux opportunités possibles, je me suis intéressée à la filière du vintage qui gagne en popularité ces derniers temps. N’y connaissant a priori rien au secteur de la seconde main, j’ai observé à la fois comment la filière est organisée en Belgique et comment elle communique/distribue sur internet.

Je me suis vite rendue compte que très peu (à peine 10 % selon mes recherches) de vendeurs professionnels spécialisés dans le vintage disposait d’une communication digitale structurée, voire même de leur propre site web. Par contre, en faisant une étude de marché hors frontières, je suis tombée sur des modèles de place de marché existant : en Australie, au Canada voire plus proche de chez nous, aux Pays-Bas. Par exemple, le site australien – vintagemarketeplace – a nourri ma réflexion, tout comme le mastodonte asos. Le défi ? Fédérer la communauté de vendeurs vintage sur internet. Comment ? En capitalisant les ressources pour se donner du poids pour le référencement et en minimisant les coûts de maintenance avec une plateforme commune, tout en proposant un catalogue spécifique d’articles vintage authentiques, articles qui aujourd’hui sont généralement noyés dans la masse de produits disponibles sur les populaires ebay ( ou encore deuxième.be pour la Belgique). Voilà ! Sur papier, le concept VintageMarket était né !

 Quel âge a votre site ?

J’y travaille depuis une bonne année. Mais il est live depuis mai 2014.

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VintageMarket répond-il à un besoin – si oui –  lequel ?

Je suis partie de l’hypothèse d’un double besoin. D’une part, celui des vendeurs professionnels de disposer d’un outil de vente approprié pour mettre leur catalogue en valeur. Les professionnels qui tentent l’aventure du e-commerce, par faute de compétences et de moyens, commencent en général sur un site comme Ebay,plateforme orientée particuliers et peu adaptée aux besoins d’un professionnel. D’autre part, les chineurs exigeants ont eu aussi un besoin ! Celui de trouver facilement les pièces prisées. Vintagemarket.be s’adresse donc à cette communauté avertie qui aime les pièces vintage authentiques, qui apprécie la patine d’un beau meuble qui a vécu, qui aime adopter un vêtement qui a traversé les âges, préservé dans une matière de qualité et qui devient unique en défiant l’assortiment massif des grandes chaînes.

 Le concept de votre site ?

Vintagemarket.be regroupe des professionnels qui gèrent leur catalogue en ligne. Ils fixent leur prix, encodent leurs produits, gèrent leur relation client. Je propose la boîte, ils la remplissent. Mon rôle est de les coacher pour mettre leurs produits en valeur en ligne (utilisation des photos, des mots clés dans leur fiche produits, etc.), mais aussi d’assurer la visibilité et la communication autour de vintagemarket.be. Chacun utilise ainsi efficacement ses compétences à bon escient : eux, la vente et moi-même, la communication.

Les produits en vente sur votre site, d’où viennent-ils ?

Ces produits sont issus du stock de vendeurs qui disposent d’un point de vente physique. D’autres vendeurs qui n’ont pas de point de vente sont uniquement présents en ligne ou sur des événements. Certaines pièces du catalogue sont donc des exclusivités internet !

Que peut-on trouver sur VintageMarket ?

Actuellement, on y trouve du mobilier et objets de déco, des vêtements et accessoires. Mais le catalogue est dépendant du stock proposé par les vendeurs. Il est donc amené à s’élargir. On pourrait y retrouver des vinyles, des voitures et vélos anciens, etc. Le site – au modèle marketplace – est conçu pour accueillir et gérer de nombreuses catégories de produits et un nombre illimité de vendeurs. Ceci est donc un appel non masqué aux vendeurs professionnels qui cherchent un canal de distribution web !

Vous indiquez sur votre site des produits 100% original, pourquoi ?

Dans la définition du projet, j’ai dû me poser un certain nombre de questions pour baliser le business model. Et le caractère authentique me tenait personnellement à cœur. Les sites de rééditions de pièces de mobilier vintage à succès ne manquent pas.  Aussi, pour ne pas se retrouver à terme avec un site e-commerce qui brasse une multitude d’articles en tout genre, c’est le fil conducteur qui m’a paru indispensable. Cela peut paraître limitatif pour certains mais c’est, selon moi, gage de qualité du catalogue proposé.

 Cela répond-il à un label VintageMarket ?

Je pense que ce concept répond à l’exigence d’une certaine communauté sensible à ce caractère original. VintageMarket est d’ailleurs une marque déposée désormais.  Quant à l’aspect qualitatif et authentique des produits, les vendeurs s’engagent à le garantir en signant la convention de partenariat pour le site.

Quel est le produit le plus « marqué » vintage présent sur votre site ?

Ils le sont tous. Tout dépend de ce à quoi vous êtes sensible. Il y a par exemple ce joli lot d’étagères disponible en 3 couleurs, de fabrication belge, datant des années 70. Elles ne sont pas signées mais directement inspirées du modèle Tomado bien connu. Du coup, elles sont très design, mais nettement plus abordables que les modèles de cette marque très prisée. Personnellement, je suis très fan d’une chaise en skaï rouge sanguin aux pieds compas, datant des années 50. Son prix de vente est de 50 euros hors livraison. Pour un budget raisonnable, vous avez une pièce unique au charme fou. C’est ça aussi l’esprit VintageMarket. En mode femme, nous avons des vestes, des hauts et pour le moment une jolie gamme de sacs à main en cuir des années 60.

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Aujourd’hui les chiffres de votre audience sont-ils en ligne avec vos objectifs ?

A ce jour, le site est un peu jeune pour établir un premier bilan, même s’il a bénéficié  d’un lancement très prometteur. Les premières ventes ne se sont pas fait attendre. Le public a déjà démontré sa confiance pour cette jeune initiative. L’accueil de la presse a également été chaleureux. Dans l’immédiat, il lui manque encore du volume dans les gammes d’articles proposées pour rencontrer son public.

Revenons à vous, Magaly, quelle est votre histoire avec le vintage ?

J’aurais voulu grandir dans les années 60-70. Bercée par les années 90, ma période musicale rétro préférée reste pourtant les années 70. J’aurais adoré vivre Woodstock – à un bémol près pour le port généralisé du ‘patte d’eph’. Et personnellement, je suis très fan de déco style scandinave des années 50.Le bois très présent. Des lignes épurées et robustes. Une décoration fonctionnelle sans être ennuyante. Et côté mode, les petites robes courtes évasées style Courrèges restent une valeur sûre plus de 50 années plus tard.

 Si vous deviez définir le vintage ?

Exercice difficile car le revers de la médaille de sa popularité croissante est un certain côté fourre-tout. Mais selon moi, le vintage reste une philosophie de vie avant tout. Comme un hommage au passé pour un avenir plus serein.

 Votre sentiment à propos de ce retour sur ces valeurs ?

Il est légitime. La baisse du pouvoir d’achat et le souci de consommation raisonnée poussent les consommateurs à revoir leurs habitudes. Le recyclage touche aujourd’hui tous les domaines, y compris la mode. On peut se soucier de son environnement et de son apparence tout en se préoccupant de son portefeuille. On le constate, le phénomène de « friperie » voit aujourd’hui un regain d’intérêt auprès de populations variées. De la mère de famille qui rachète des vêtements de seconde main pour ses jeunes enfants pour la rentrée scolaire, en passant par la fashionista qui change de garde-robe régulièrement en achetant ‘récupération’ auprès de son réseau pour ne pas se ruiner, et l’écolo dans l’âme qui chine chez Oxfam dès que possible… Cibler le vintage authentique est selon moi un bon compromis pour consommer de façon plus raisonnable sans sacrifier ni son portefeuille, ni son sens de l’esthétisme.

 Une différence entre le vintage et la nostalgie ?

La nostalgie est inconditionnelle. Le vintage est teinté de nostalgie, forcément, mais il est plus codifié. La frontière entre le vintage, l’antique et l’art déco, ce sont les codes qui définissent ces périodes. Il se fait que la génération des 35-50 ans actuelle est nostalgique de vintage. Ce sont des objets que nous avons connu chez nos grands-parents, qui sont synonymes de moments d’insouciance et de réunions de famille. On retourne forcément volontiers dans ces années-là !

Vous, Magaly êtes-vous plutôt vintage ou nostalgique ?

Je dirais vintage, pas trop nostalgique. Je ne sors pas de chez moi déguisée en personnage de la série de Mad Men. Je ne mange pas dans de la vaisselle en plastique orangé. Je n’ai pas non plus recouvert mes murs de tapisseries psychédéliques. Définitivement pas nostalgique à tout prix !

Quel est l’acte ou l’action la plus vintage que vous ayez faites ?

En manque d’espace de travail, je me suis récemment aménagé un coin bureau. Mes contraintes : peu de temps et un budget limité. J’ai multiplié les solutions de récupération et de bricolage pour me confectionner un coin de travail sur mesure. Le résultat ? Des vieilles caisses à vins en bois pour fabriquer une étagère, un panneau MDF sur pieds repeint pour une table de travail. Pour l’assise, j’ai chiné une vieille chaise bistrot en chêne à accoudoirs  ( 5 euros !) que j’ai repeinte partiellement pour préserver sa patine. C’est la cerise vintage sur mon gâteau ! Sinon, je cuisine inconditionnellement toutes mes pâtisseries moi-même. C’est évident à mes yeux, mais ça reste vintage pour pas mal de gens.

Avez-vous un fantasme vintage ex : souhaitez-vous le retour des pompistes aux stations-service, que la marque Jaguar ressorte un modèle mythique comme BMW avec la Mini, qu’un architecte relance des construction iron building ….) ?

Je suis pour la réintégration massive du veston en tweed à coudières pour les hommes et des pantalons taille haute pour les femmes ! Les vendeuses de sucreries et leurs uniformes manquent cruellement aux salles de cinéma ! Et comme fantasme purement personnel, je rêve de troquer ma Twingo contre une Ford mustang 1970 bleu ciel.

Quelles sont les prochaines étapes de votre site ?

Une version anglophone est en préparation pour le mois de septembre. Elle devrait considérablement élargir le territoire de prospection et de vente de Vintagemarket.be.

Pour quelles raisons, aujourd’hui, devons-nous allez voir VintageMarket ?

1/ c’est une initiative à suivre de près

2/ l’offre des articles vintage présents est pointue

3/ c’est un marché virtuel où l’on peut chiner 24h/24 et dans nos agendas overbookés, c’est un luxe dont on aurait tort de se priver !

Merci Magaly et  à très bientôt.

Tags : Magaly NelliVintage Market
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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