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Moto emblématique des années 1980, la Yamaha SR fait son grand retour en France en 2014, afin de surfer légitimement sur la vague vintage. Yamaha avec ce modèle est plus dans une approche communication, visibilité d’image que de logique économique. Force est de reconnaître que cette revenante ne manque pas de charme et d’atout.

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Pour la petite histoire : D’abord produit pour le marché japonais, c’est en 1978 que le petit roadster monocylindre fait son apparition en France. Le succès de la Yamaha SR s’étendra jusqu’en 1981. C’est bien la nouvelle réforme du permis moto qui aura raison de sa disparition au catalogue français. Dans les années 90, précisément entre 1992 et 1997, elle débarque dans notre hexagone en version 400 cm3 (659 immatriculations) et 500 cm3 (4816 immatriculations) pour encore disparaître à nouveau.

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Depuis, le modèle est devenu une icône pour tous les aspirants transformateurs. L’engin laisse une place prépondérante pour tous ceux qui souhaitent lui apporter une touche personnelle ; sa conception simplifiée aspire à la création. De très beaux modèles en version « classic », « scrambler » ou « café racer » sont de véritables œuvres. À croire que les japonais ont un faible pour cette moto emblématique car sa production ne s’est jamais interrompue. Ce modèle associé à une cylindrée de 500 cm3 (dérivée 500 XT) propage encore le bonheur de ses propriétaires. Cette moto fait l’objet d’un culte incontestable, elle est devenue un grand classique. Au fil des années, l’immense intérêt pour la SR ne s’est jamais tari.

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Notre essai : C’est fait ! Après avoir récupéré ce modèle auprès de Yamaha France, ce n’est pas sans émotion que je prête mes 170 cm et 68 kg à cette icône du deux roues. Je fais le tour du roadster, on me confie les clés de la belle et déjà, je vois qu’on a affaire à un engin d’utilisation « simple et sans esbroufe » j’adore, alors contact et c’est parti…Température extérieure avoisinant 22°, le compteur affiche 801 KM. Avant d’avaler les kilomètres de mon essai je vous laisse découvrir la SR 400.

Que trouve t-on de typiquement rétro sur cet engin ? Tout d’abord, il y a le moteur, un monocylindre 400 cm3 qui se refroidit par air, une culasse 2 soupapes et un seul arbre à cames. Unique note qui pourrait défrayer le coté rétro : présence en matière d’alimentation de l’injection électronique qui remplace le carburateur.

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La partie cycle de la Yamaha, elle aussi est typique des années 80, avec notamment la présence de jantes de 18’ à l’avant comme à l’arrière, à rayons de surcroît, ce qui impose des pneus garnis de chambre à air. En matière de sécurité, la SR 400 reste fidèle à un système de frein à tambour uniquement à l’arrière tandis que l’avant est orné d’un disque pincé par un étrier double piston. Vous avouez que sa puissance n’est pas son point d’excellence serait un euphémisme mais on s’y adapte très vite et très bien. Dernières petites notes vintage : les surprenants garde-boues chromés qui sont du meilleur effet. On n’est plus habitué à retrouver cet aspect depuis la nuit des temps et on n’oublie pas les soufflets de fourche qui accentuent le coté rétro.

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La vraie note rétro se situe au bas du châssis. Pour démarrer l’engin, il faudra réapprendre l’utilisation du kick. Point de démarreur électrique à l’horizon. Aucune livraison avec ce raccourci. Ce cachet supplémentaire demande un petit coup de main, certes ! Mais l’opération est facilitée par la présence d’une manette de décompression se situant au bout du guidon à gauche sous le levier de l’embrayage et par la présence d’un témoin de point mort sur la culasse.

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L’opération en est grandement facilitée et cette particularité m’enchante. Attention, je ne vais pas jouer les prétentieux. La présence du préparateur Yamaha m’a grandement facilité la tâche au début. C’est un peu « folklo », mais rassurez-vous ça vient très vite. Allez j’explique « sans frimer » : tout d’abord, chercher le point de décompression, le passer en s’aidant de la petite poignée sous le guidon, ramener le kick tout en haut, caler le kick entre le talon et la semelle de votre botte et l’enfoncer d’un mouvement sec et ample sur toute sa course.

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Bien entendu, toutes ces notes vintage se marient très bien aux autres caractéristiques modernes. Lisez plutôt : un allumage automatique des feux, un bouton warning situé au guidon droit, un Neiman près du contacteur et pour le réservoir un passage en réserve automatique, bien commode croyez moi .

Pour les aspects pratiques, le réservoir de la 400 SR est livré avec un bouchon qui ferme à clef mais qui n’est pas monté sur charnière. La moto dispose de deux béquilles : une latérale coupe contact et une centrale qui pourra être très précieuse lors des opérations de graissage de chaine et de tension.

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Pour l’entretien, Yamaha préconise une révision tous les 6 000 km. Le bon point : la lubrification par carter sec qui permet de vérifier très facilement le niveau d’huile par un bouchon jauge qui se situe juste devant le réservoir. Vous ne pouvez pas le louper.

Pratique : le réservoir contient 12 litres, avec une consommation moyenne entre 4 et 4,5 litres au 100 km, ce qui permet une autonomie proche des 290 km. En gros : un Paris/Dunkerque. La partie cycle est plutôt basique. Sur la bascule, on enregistre un poids de 174 kg avec tous les pleins.

Sur la route : Le comportement routier allie stabilité et maniabilité ! La conduite procure de bons sentiments et en matière d’agilité, c’est simplement l’excellence qui prédomine. Elle se faufile partout ; à bonne vitesse, la stabilité ne fait aucun défaut. En ville et sur les départementales, la 400 SR procure d’excellentes sensations ; un brin joueuse, même si les suspensions secouent légèrement sur les bosses. Sur autoroute un sentiment routinier s’installe plus rapidement qu’à l’accoutumé cet asphalte n’est pas son terrain de prédilection.

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La position de conduite est excellente et c’est naturellement que les pieds se calent sur les leviers du bas de l’engin. Peut être un bémol à propos de la taille du pilote, au dessus des 185 cm , les jambes deviennent vites encombrantes… Dixit mon rédac chef adjoint. Si la selle biplace invite un second passager, celui-ci ne sera pas trop à son aise sur de longues distances. En cause notamment, les reposes pieds hauts perchés et une seule barre de maintien. En duo, pourquoi pas mais pas longtemps.

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Un moteur « coupleux » assis sur une cavalerie de 23 cv, les performances de la 400 SR sont relativement polies mais elles collent très bien à la définition cool de la machine. La moto est dotée d’une bonne allonge à l’accélération et j’aime à dire qu’on a affaire à une mécanique pleine, ronde et souple associée malheureusement à une sonorité légèrement étouffée. A haut régime, les vibrations se montrent très discrètes et à 6 000 tours, on atteint 130 km/h facilement. Si l’effet monocylindre se fait sentir jusqu’à 3 500 tours, après c’est la linéarité qui s’installe graduellement. On prend très vite confiance et elle vous rassure. Mais attention, tout de même à l’excès… De confiance.

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En conclusion, Yamaha nous propose à travers ce modèle de taquiner une mode vintage sur deux roues. Et bien c’est un grand plaisir que je vous souhaite de partager. C’est un superbe roadster monocylindre, qui est très attachant et il saura vous procurer le plaisir nécessaire de circuler sur un grand « classic ». Le 400 SR ne laisse personne indifférent. Bon nombre de curieux et de passionnés de moto m’ont interpellé pendant l’essai, me léguant leurs petites histoires à propos du modèle et ne sachant pas si la moto était neuve ou restaurée.

Rouler en 400 SR, ce n’est pas chercher des performances de genre. C’est plutôt côtoyer un engin qui veut retrouver sa place dans la mode « vintage retour aux sources » qui existe depuis quelques années. Pour 2014, c’est un volume limité de SR 400 qui seront importées en France. C’est l’opportunité de vous procurer une authentique moto vintage … Neuve à partir de  5 990 €, tout de même !

Le 400 SR a tout ce qu’on demande à une moto de cet acabit, le strict minimum et le charme en plus!

Fiche technique yamaha photo

Photos,  film et musique réalisés par Alexis PILLON

 

Une galerie photo pour illustrer ce modèle délicieusement rétro :

Tags : Essai Yamaha SR 400kickmotomoto rétrorétroVintageYamahaYamaha SR 400
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

8 Commentaires

  1. A une époque où les points du permis s’envolent aussi vite qu’un 747, un 400 cm3 est largement suffisant. Pas trop poussif sur nationale ? Quelle est la vitesse de pointe svp ? Merci pour cet article intéressant.

    1. La Yamaha SR 400 attire autant les regards que les commentaires dans la rue, comme sur le site. Un modèle qui ne laisse vraiment pas indifférent et ça, c’est tout le charme des modèles « vintage ».

  2. Je cherche une petite moto tranquille pour remplacer ma Thruxton et j’avoue que votre article m’a bien donné envie.
    Elle a l’air vraiment sympa a conduire et dégage un charme certaine
    Par contre, j’ai un peu peur qu’elle manque un peu de « coffre » et 6000€, ouch!
    Au pire, il reste les Moto Guzzi V7, kawa W800 ou la CB1100…
    Merci encore pour l’article et les très belles photos!

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