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En 1978, Eddy Mitchell sur une musique de Pierre Papadiamandis, son compositeur attitré, écrit une chanson, Il ne rentre pas ce soir qui raconte l’effondrement d’un de ces cadres supérieurs soudainement licencié de son entreprise.Comme souvent dans les chansons d’Eddy Mitchell, cela prend la forme d’une ballade qui raconte un moment précis dans la vie d’un personnage. Un schéma bien rôdé qui plonge l’auditeur dans une tranche de vie. Ici, c’est la soirée et l’errance (bar, alcool et questions sans réponse) d’un cadre bien installé dans son entreprise, qui vient d’apprendre sa brutale mise à la porte après le rachat de sa société par une multinationale. Eddy énumère et détaille très bien le comportement et le superflu perdu par ce cadre (le golf, le bridge, les vacances à Saint-Tropez l’école privée pour son enfant) .

 

Mais il reste la réalité d’autant que rebondir et retrouver un emploi la cinquantaine venue est (et demeure) extrêmement difficile. Jusqu’aux années 90, le chômage est vécu comme une tragédie par ceux qui en sont frappés. D’autant qu’il ne se limite pas uniquement aux ouvriers mais intervient dans toutes les classes de la société, y compris les cadres et les dirigeants qui malgré leur position éminente ou enviable dans l’entreprise ne sont pas à l’abri d’être « dans la charrette ». Un mot qui montre bien l’ambiance d’angoisse qui règne dans les entreprises. Pour le chômeur, le licenciement est vécu comme une tragédie, un échec personnel qui fait de lui un être à part dans la société et qui a honte. Il faudra attendre les années 90/2000 et l’installation durable de ce phénomène pour qu’il commence à devenir un passage presque « obligatoire » du parcours professionnel et qu’il ne soit plus vécu comme un drame qui fait du licencié un objet d’apitoiement.

Le titre a rencontré un vif succès lors de l’année de sa sortie et sera intégré à plusieurs compilations de l’artiste. Il ne rentre pas ce soir est une chanson qui trouve encore toute sa signification à l’heure actuelle.

Tags : chansonEddy MitchellIl ne rentre pas ce soirle chômagemusiqueVintage
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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