close
0-18

En chantant à la première personne, le quotidien d’un travesti de cabaret, Charles Aznavour rompt avec un silence tellement épais qu’on peut le toucher. En 1972, lorsqu’il écrit « comme ils disent », il aborde le tabou de l’homosexualité avec un cran dont la variété française a rarement fait preuve avant. Attention ! A cette époque, l’homosexualité est pénalisée. Pour beaucoup d’homosexuels, « il était plus facile de jouer le jeu, de se faire passer pour ce que les hétéros voulaient que nous soyons… des folles, tout simplement ».

« Comme ils disent » est emportée par une mélodie réussie. La chanson touche le public qui adhère et achète en masse le 45-tours. Aznavour est le premier à raconter, sans moquerie ni détours l’histoire d’un homme qui «habite seul avec maman». Jusqu’au troisième couplet, un double sens convoquerait presque le portrait d’un vieux garçon qui fait souvent le marché, la cuisine, qui range, lave et pique à la machine. Puis, une formule lapidaire balance : «Mais mon vrai métier, c’est la nuit 
que je l’exerce en travesti : 
Je suis artiste.» Le grand Charles affirme que « tout peut se dire en chanson à l’instar de la photo, de la peinture et de la littérature à condition que ce soit sincère, bien écrit et sans vulgarité». Bravo m’sieur !

Tags : chansonCharles Aznavourcomme ils disentmusiqueVintage
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

Ajouter une réponse