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Réinventez la fin d'« À bout de souffle» pas un fantasme pour Virginie Le Borgne

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Et voilà que ARTE propose un concours de séquences suédées, « but what is this ? Un concours de séquences suédées ?  Rappelez-vous : c’est le nom donné aux films bricolés par Jack Black dans «Soyez sympas, rembobinez» de Michel Gondry.

Réalisez votre version parodique de la fin d’un film en deux minutes maximum !

En l’occurrence, cette année, ARTE demande de suéder, détourner, pasticher, réinventer la fin du cultissime « À bout de souffle «  de Jean Luc GODARD. L’idée est de vous inspirer de l’extrait et de le détourner, en vous assurant d’utiliser des images, des sons, etc., libres de droits. Le but n’est pas de mal copier l’original, mais d’apporter sa patte. La fin peut être différente, mais la référence à la séquence d’origine doit quand même être claire, et notamment la longue course de Jean-Paul Belmondo. Cela peut être de l’humour, de la parodie, une transposition dans un autre genre.

Quoi de plus vintage.

Vous imaginez, on vous propose que vous réalisiez votre version de la fin d’un des films les plus emblématiques du cinéma français, si ce n’est du monde, comme peuvent l’être Intolérance (1916), le Cuirassé Potemkine (1925) ou Citizen Kane (1941). Quand on affirme que le passé a de l’avenir… On casse le jouet et on le reconstruit. Surtout ne faites pas de mal à Jean Paul !

Alors, jeunes réalisateurs ou acteurs en herbe, que proposez-vous ? Qu’avez-vous imaginé pour « suéder » A bout de souffle ?

Virginie Le Borgne co-réalisatrice
Virginie Le Borgne co-réalisatrice

Et bien, nous avons rencontré Virginie Le Borgne co-réalisatrice avec Ozal EMIER  de « I’m fucking trying to die » qui nous parle de sa première réalisation.

La première fois, on n’hésite pas…

La première fois que j’ai entendu parlé du concours ARTE, c’était dans un bar, j’étais avec Ozal et la réflexion a été très courte : banco ! On a lu le règlement, les contraintes, le cahier des charges à respecter et action.

Je voulais depuis pas mal de temps passer à la réalisation, sur un court format, je souhaitai m’essayer. Du  coup, à deux, pour une première, c’est plus rassurant. L’idée de retoucher à notre manière le film de Godard était  excitante. Vous imaginez : « À bout de souffle » !

Un ton encore plus décalé

Et c’est naturellement que nous avons installé l’action sur une période eighties, avec un clin d’œil au mode gangster hip hop. Les comédiens ont tous une touche des ces années là,  jeans avec revers, baskets, tee shirt blanc pour l’acteur principal, pull rayé court au-dessus du nombril pour la comédienne, boucles d’oreilles créoles énormes, faux-cils outranciers…, femme traversant la rue avec un manteau de fourrure et grosse gourmette en argent façon serveur de café pour les gangsters… On flirte un peu dans la caricature mais on voulait vraiment appuyer ce coté.

Huberte
Huberthe TSIETE

L’idée première a été de bouleverser complètement les codes du film en proposant le rôle de Patricia à une amie Huberthe TSIETE qui, si vous la voyiez, ne ressemble en rien  à Jean Seberg. On souhaitait vraiment adopter un ton décalé.

C’est qui à bout de souffle ?

Par chance, les amis que je voulais pour interpréter les personnages du film étaient tous disponibles, pour la majorité complètement néophytes au milieu du cinéma et, la chose la plus dingue, n’avaient jamais vu « À bout de souffle », heu c’est qui « À bout de souffle » ?

Bien entendu, séance de visionnage du movie et go on réalise. On a réussi à dénicher une rue tranquille du 6ème arrondissement de Paris. On a posé la caméra et  nous avons pu travailler dans de bonnes conditions. Et bien vous savez, c’est à cet instant que j’ai compris à quoi servaient tous les gens qui grouillent autour du réalisateur, ceux qu’on qualifie : les métiers de l’ombre.

Vous n’imaginez pas comme c’est épuisant et en même temps excitant.  On a voulu tout faire nous mêmes. Seule, la musique à été composée par un ami qui vit à Los Angeles. Je vous l’admets, il nous a rendu un fier service et j’avoue que ça sonne bien. Il a su recréer l’ambiance qu’on attendait sur une histoire comme celle-ci.

Un vrai métier

« In fine, je dirais que c’est allé assez vite une fois qu’on a eu les comédiens en tête. Une journée de repérage + test matos. Et deux grosses demi-journées de tournage. Ensuite, quelques heures de montage, probablement un peu moins de dix heures. Le plus dur, ça n’a pas été d’avoir des idées mais de trouver un créneau pour que tout le monde puisse venir tourner, chose assez difficile avec nos agendas de journalistes/intermittents/musiciens ! »

Juste avant de nous quitter, Virginie nous avoue que ce projet en appelle d’autres… Projets cinématographiques. Alors à très bientôt chère réalisatrice. Et bonne chance, à vous deux, pour votre concours.

L’avis monsieurvintage : « Suéder, » À bout de souffle n’est pas aussi simple qu’il n’ y paraît. Nos deux co-réalisatrices, loin d’être à bout de souffle, s’en sortent très bien avec de très bonnes idées et une vraie patte personnelle. Elles ne sont pas tombées dans le piège de la copie, bien au contraire… Alors, Jean-Luc et Jean-Paul,  si vous avez 2 minutes…

Écouter bien la fin du film, une guest fait une « apparition » vocale… « he said… Vous êtes vraiment dégueulasse ».

Je vous invite à visionner « I’m fucking trying to die » sur notre page et à donner une bonne note sur ce lien http://www.arte.tv/fr/concours-de-sequences-suedees/7755004.html   😉

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tags : À bout de soufleARTEfilmJean-Paul Belmondoséquences suédées
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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