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Vainqueur du titre de champion du monde des pilotes de formule 1 en 1988, 1990 et 1991, l’un des pilotes les plus forts de tous les temps, Ayrton SENNA aurait eu 54 ans cette année.

J’ai souhaité employer les termes « plus forts » qu’on emploie de moins en moins pour caractériser l’humain. Aujourd’hui on est plutôt dans « l’intelligence, la subtilité, le professorat, le maitre, la divinité, le puissant et tout le toutim ». Mais juste un adjectif, ce mot « fort » résume à lui tout seul ce mille feuilles  de superlatifs, fort… pas que physique… Fort entièrement de bas en haut, de gauche à droite et au plus profond de sa chair. Chez Ayrton SENNA, chaque particule de son corps était des zones clôturées d’effervescence dédiée à la force. Certains le compareront à un super héros, moi pas … Cet homme était simplement fort et cela ne lui retire en rien le halo de sentiments qui complète la garde robe d’un être humain.

Il y a des jours qu’on se souvient, des jours qu’on pourrait décrire ou brosser, plus précisément que d’autres, des jours qu’un évènement vous fige à jamais et pour toujours. Ce jour-là je sais exactement où j’étais, comment j’étais habillé et avec qui j’étais. C’est à croire que les aiguilles de ma montre  se sont arrêtées… Le temps est restée suspendu. Cela aurait pu être une belle journée mais en l’occurrence celle-ci restera comme une des plus sombres de l’histoire du sport automobile.

La mort au virage

Le 1er mai 1994, il y a 20 ans,  après avoir remporté la pole position du Grand Prix de Saint-Marin, au 7ème tour de la course, Ayrton SENNA  s’est écrasé à haute vitesse dans la courbe de Tamburello. Transporté d’urgence à l’hôpital Maggiore de Bologne (ITALIE), le grand champion s’éteint après quelques heures d’admission, à l’âge de 34 ans.  Ce jour-là a profondément marqué les passionnés du sport automobile et probablement d’autres individus particulièrement marqués par l’homme, celui qui côtoyait Dieu tous les jours.

« J’ai une sorte de force qui me rapproche de Dieu. Pour moi, il est de plus en plus important d’apprendre. D’apprendre Dieu, de comprendre la puissance de Dieu, d’apprendre la foi. Mais je ne suis qu’au début de ma recherche. Ce sera une longue recherche »

« Certains ont écrit que j’étais immortel parce que Dieu me protège. Je peux me blesser ou mourir dans un accident »Ayrton Senna

Je ne souhaite pas vous passer en revue l’histoire de Ayrton SENNA, son parcours, ses courses, ses performances, ses chronos. D’autres supports sauront mieux le faire que moi et en cette année anniversaire, chacun vous dévoilera ou essayera du moins de vous exposer le prodige Ayrton SENNA.

Ce que je retiens de Ayrton SENNA, c’est un des rares « personnages » oui je dis « personnage «  comme personnage de légende (c’est bizarre en écrivant ces mots, je pense à  ULYSSE l’un des héros les plus célèbres de la mythologie grecque) qui m’ait fait lever très tôt le matin pour voir des grands prix de F1, en l’occurrence ceux du Japon. Son duel, ou plutôt ses duels  avec Alain PROST resteront des moments dantesques, car il n’y avait pas que sur la piste que les deux protagonistes s’affrontaient, mais aussi dans les paddocks ou par medias interposés. C’était la série qu’il ne fallait pas rater et personne ne connaissait la fin ! Je crois qu’on n’a jamais écrit rien de mieux en terme de scénario. Ah si peut être William Shakespeare.

Ce que je retiens de Ayrton SENNA, ce grand prix de Monaco, le 3 juin 1984, parti en 13ème position sur la grille de départ très loin d’Alain PROST poleman du jour. C’est sous une pluie battante que Ayrton SENNA va nous proposer un des plus beaux ballets jamais interprétés. C’est sur une  piste glissante que le pilote brésilien va avaler une à une les voitures qui le précèdent. Au 18ème tour, il est déjà 3ème. Il ne reste plus que Niki LAUDA et Alain PROST. Au 19e tour, SENNA double LAUDA dans la ligne droite des stands.  Le Brésilien a alors une trentaine de secondes de retard sur PROST. Au 30ème tour, PROST n’a plus qu’une dizaine de secondes d’avance sur SENNA ! Le 32ème passage voit Jacky ICKX, directeur de course, prend la décision de stopper l’épreuve. Le drapeau rouge et le drapeau à damier sont agités sur la ligne. PROST stoppe sa monoplace juste avant la ligne d’arrivée à hauteur des drapeaux. C’est donc SENNA qui franchit la ligne en premier. La joie du Brésilien est cependant de courte durée car, comme le prévoit le règlement en cas d’arrêt prématuré de la course, c’est le classement du tour précédent qui sera retenu. C’était l’incompréhension totale ! Le lendemain, les médias, les passionnés débâtaient largement à propos de ce grand prix. Les questions fusaient, les réponses, de bonne et de mauvaise foi, construisaient déjà ce qui allait devenir la légende.

Je vous parle de ce jour car c’est celui, pour moi, qui caractérise le parcours de l’homme à travers cette discipline.  Sans rentrer dans une paranoïa aigue, en tant que « voyeur passif », on avait ce sentiment qu’on souhaitait freiner, retarder l’explosion d’une future légende. Mais on n’arrête pas la nature ! Ce n’est que ma perception.

« Ayrton SENNA avait un talent brut. C’est lui qui essayait de surpasser la voiture et tentait de la pousser à faire des choses impossibles ». Et bien moi je  dis WAOUH !

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Ce que je retiens de Ayrton SENNA, c’est un personnage « vintage » car son souvenir sera toujours utilisé, interprété, remanié, édulcoré ; On se servira toujours de ses petites histoires pour faire la grande l’histoire.

Je sais bien que d’autres fondus de F1 retiendront plus l’aspect sportif. Y’a pas que le sport dans la vie 😉

Evidemment, on pourrait écrire sur d’autres acteurs « vintage » de la formule 1 qui ont fait les mémoires de cette discipline, comme Jim Clark, Juan Manuel Fangio, Ascari, ou d’autres parmi les 746 pilotes de 37 nationalités qui ont pris part aux grands prix . La mort de Ayrton SENNA, marque t-elle la fin de l’âge des héros de la F1 ? Comme la mort d’ULYSSE  marque la fin de l’âge des héros, et donc des récits de la mythologie classique.

 

Tags : Ayrton SENNAformule 1grand prixPROSTVintage
Claude

L’auteur Claude

Clod, 170 cm sur 70 kilos. Mes pieds s’installent en général dans des baskets ou de temps en temps dans des boots. Mon corps se drape d’un jean étroit du bas (le Chino fait son apparition) et de t-shirt émanant de pays étrangers rapportés en général par mes deux filles. Ma vie s’articule autour du partage et de l’échange. J’aime bien m’entendre dire « je fais ce je veux… », même si ce n’est pas vrai. Je suis un fondu de musique, de culture, de moto, de rencontres, de belles histoires et après de plein d’autres choses !

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